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Blog de Jean Gabard - Page 19

  • Rendre un père à l'enfant-roi

    "C'est une chose de penser que l'on est sur le bon chemin, une autre de croire que ce chemin est le seul".

    (Paolo Coelho)


     

    Le 25 janvier 2012 à 19:00 h à l'Antre Autre Café, 11 rue Terme 69001 Lyon,

    Je participerai au débat proposé par le Café Citoyen de Lyon

    Doit-on faire de l'éducation des enfants, une priorité?

    avec Philippe Meirieu

     

    Contacter l'animateur :

    Alain Fabre - 06 14 71 32 74 - lescafescitoyensdelyon@gmail.com

    http://www.cafes-citoyens.fr/arcadies/lyon


    LE FÉMINISME ET SES DÉRIVES

    Rendre un père à l’enfant-roi

     

     

    JEAN GABARD

    Les ÉDITIONS de PARIS

    MAX CHALEIL

     

     

    En librairie le 04/11/2011

     

     

     

     

    Avant-propos

     

    Dans les années 1980-1990, il fallait être insensé pour oser émettre une critique du féminisme.

    En 2006, à la parution de l’essai dénonçant des dérives dans le féminisme, beaucoup, attirés pourtant par la belle Sabine du tableau de David, en couverture, l’ont rejeté avec dégoût après avoir lu le titre : « Le féminisme et ses dérives ». Comment oser parler de dérives du féminisme alors que les femmes, dans les pays occidentaux, viennent tout juste d’obtenir l’égalité en droits et que les lois, très souvent, ne sont pas respectées ? Comment oser parler de dérives du féminisme alors que les injustices et même les crimes sexistes sont encore tellement nombreux ? Et puis « comment le féminisme pourrait-il dériver ? »… Il n’était même pas question de lire le sous-titre, « Du mâle dominant au père contesté » qui, constatant la chute du père, annonçait pourtant clairement l’intention de ne pas revenir au « mâle dominant ». Mais c’en était déjà trop ! Après « Fausse Route » d’Elisabeth Badinter ou « Le premier sexe » d’Eric Zemmour, ce devait être encore un nouveau pamphlet contre les féministes, symptomatique de cette période de « contre-offensive patriarcale » (« backlasch ») … Alors pourquoi perdre son temps à survoler ne seraient-ce que les quelques lignes de la quatrième de couverture ? L’auteur ?  Certainement un de ces hommes aigris, incapables d’accompagner l’émancipation des femmes, un de ces « masculinistes antiféministes », un de ces nouveaux réactionnaires qui craignent pour leurs privilèges ! A oublier au plus vite et, au nom de la défense des valeurs démocratiques, à empêcher de s’exprimer davantage ! Et en effet de nombreux projets de conférences-débats animées par l’auteur sur un des thèmes majeurs de l’essai -l’éducation des enfants- sont ainsi annulés, pressions faites auprès des organisateurs, des maires, des conseils généraux, pour les faire avorter ! Pourtant l’auteur insiste et des associations le réclament et lui donnent la parole. Si à sa première conférence-débat donnée bénévolement sur les terres de son enfance il n’y a que 10 personnes, d’autres animations suivent avec chaque fois davantage de participants. Le nom de Jean Gabard et le titre de l’essai apparaissent dans les journaux. Les commentaires des journalistes éveillent la curiosité. La participation à une émission de TV grand public sur le féminisme, même s’il est invité « pour faire le spectacle », fait alors connaître Jean Gabard au niveau national. Elle lui permet d’être reconnu non pas comme polémiste farfelu mais comme critique aux remarques pertinentes face à une coalition d’adversaires qui, il est vrai, en ont fait si peu ce jour là, sur ce sujet d’actualité. Cette réputation nouvelle lui attire aussi une volée d’attaques. Les plus virulentes s’en prennent d’ailleurs davantage à des pensées misogynes et réactionnaires qu’on lui prête pour le dénigrer plus facilement qu’à ce que l’auteur-conférencier expose clairement…  Et pour cause ! Elles sont souvent le fait de passionnés qui n’ont ni lu le livre ni suivi les conférences et qui n’acceptent pas la moindre remise en cause de leur idéologie...

    Les conférences sont maintenant animées en France, en Suisse, en Belgique avec chaque fois des participants qui peuvent être dubitatifs ou approbateurs mais qui se sentent concernés et interpelés par le discours qu’ils entendent et qui leur semble intéressant. Les débats qui s’en suivent, vivants et riches de questions, permettent à la réflexion de se poursuivre… Jean Gabard est même maintenant présenté et apprécié non seulement comme « spécialiste de la question des pères » mais comme « un conférencier qui décoiffe » !

    Après d’autres émissions à la télévision, sur des radios nationales, régionales des articles, repris par de nombreux sites, l’envie d’en savoir plus fait vendre le livre … 

    Il est aujourd’hui réédité car il n’a, en effet, pas pris une ride !

    Les questions qu’il soulève n’ont jamais été autant d’actualité pour les personnes qui s’occupent de près ou de loin des jeunes générations En effet, l’éducation et même l’instruction apparaissent de plus en plus difficiles à transmettre que ce soit dans les familles ou à l’école. De nombreux enfants pouvant paraître totalement épanouis posent question aujourd’hui. Nous voyons tous les jours dans l’actualité des exemples d’affrontements entre bandes rivales, des violences gratuites, des actes de délinquance, de vandalisme, des jeux tragiques, des suicides … et ceci chez des populations de plus en plus jeunes. Ces phénomènes ne cessent de s’amplifier avec toujours les mêmes données : celles qui étaient déjà analysées en 2006 et qui se confirment aujourd’hui.

    Le libéralisme et le féminisme ont permis à la démocratie de se développer dans le couple et dans la famille. Les pater familias dominateurs et froids ont pratiquement disparu et ont laissé la place à des papas plus présents, plus affectueux. Malgré une préoccupation accrue des parents, les enfants ont cependant des difficultés à intégrer les limites, indispensables pour se structurer. Des enfants-rois, manquant de repère et difficiles à gérer peuvent  adopter des comportements à risques voire délinquants pour se sentir exister. D’autres restent d’éternels adolescents ayant peur de prendre des engagements personnels et prêts à suivre les slogans simplistes et racoleurs du premier groupe venu qui leur fournira un espoir et une  sécurité. 

    Les difficultés d’éducation des enfants sèment la discorde dans les couples désarmés qui cherchent désespérément du sens à leur vie. L’incompréhension devant la différence de l’autre, mal connue ou déniée, accentue les craintes et les sujets de disputes. Nombreux sont les hommes et les femmes qui ne savent plus comment vivre avec l’autre sexe. Alors que la famille reste une valeur importante, le pourcentage des séparations et du nombre d’enfants ne vivant plus avec ses deux géniteurs a encore augmenté.

     

     

    Dans la crise qui semble dépasser notre société « adulescente », la recherche du plaisir dans l’individualisme et la consommation (qui devient problématique pour certains), ne fait qu’accroître la frustration que l’on n’a plus appris à assumer. Les révoltes et l’insécurité qu’elles créent, la solitude et le sentiment d’impuissance qui en découlent, rendent encore plus attrayants les discours de  guides charismatiques qui nous promettent un « ordre nouveau » et valorisent nos « égo » de mécontents sans projet en nous laissant croire « qu’ensemble tout est possible »

    Le risque existe bel et bien mais il n’y a pas de fatalité !  

     

    Cet essai ne donne pas de nouvelles « recettes miracle » mais il explique comment et pourquoi notre société en est arrivée là où elle se trouve actuellement. En pointant précisément notre position dans l’évolution, il permet de mieux la comprendre, de sortir du fatalisme et de réfléchir à d’autres possibilités. Il brise en effet la dictature de la pensée binaire imposant soit le repli inefficace et impossible sur des positions connues et sécurisantes, soit la fuite en avant irréaliste et dangereuse dans des tractations malvenues mais séduisantes. Loin de partager la nostalgie de la société patriarcale traditionnelle ou les illusions féministes dites « modernes », en opposition mais sur le même axe, ce livre pointe les confusions et les faux pas à éviter. Il propose d’autres voies et des projets pour avancer dans le « bon » sens.

    Il est en effet temps d’inventer une alternative aux deux idéologies, l’une réactionnaire et l’autre utopique qui s’affrontent et s’entretiennent, si nous ne voulons pas sombrer dans un désenchantement propice à la montée des extrêmes, ceux-là mêmes que nous voyons déjà se manifester de plus en plus ouvertement dans les comportements sociaux, dans les mouvements politiques et qui risquent de s’exprimer beaucoup plus violemment, si nous n’inventons rien pour créer du lien et donner envie de vivre ensemble.

    Ce livre est plus que jamais d’actualité. S’il était possible d’émettre un souhait, ce serait que très vite il ne le soit plus…




     

     

     parmi les prochaines interventions

    lundi 21/11/11 sur France Bleu Creuse 14h-14h30

    jeudi 24/11/11 conférence à Lyon, APEL du Rhône

    samedi 10/12/11 conférence à Lyon Foyer les Terrasses

    lundi 12/12/11 conférence à Blacé, organisée

    par l’ASSOCIATION DES FAMILLES BLACE / ST JULIEN / SALLES

    et l'UDAF du Rhône.

  • Genre dans le trouble !

     

     « N’être qu’un, oui, mais lequel ? »

                                   Alphonse Allais

     

     

     La théorie du genre en question ?


    La théorie du genre semble aujourd’hui s’imposer dans la société moderne. L’introduction de celle-ci dans les manuels scolaires de SVT de classe de première ES et L des lycées a cependant entraîné une vague de contestation. Qu’en est-il alors de cette théorie ? Et quelles en sont les répercussions dans les relations hommes/femmes et l’éducation des enfants ?


    La « théorie du genre » affirme que la différence de comportement et de résultat entre les hommes et les femmes est surtout la conséquence de la construction sociale. Cette idéologie s’est développée dans les années 1970, surtout aux Etats-Unis, et se retrouve aujourd’hui dans l’actualité.


    Les études sociologiques faites par les féministes du « genre » permettent de constater des conséquences de l’éducation mais ne peuvent cependant absolument pas démontrer que les inégalités de comportement et de résultats entre les hommes et les femmes ne s’expliquent que par la culture.


    Celles-ci résultent déjà de différences biologiques et notamment hormonales, parfaitement vérifiables aujourd’hui. On sait qu’à la naissance le petit garçon est littéralement « bombardé » de testostérone pour se construire physiquement homme et que cette hormone est aussi celle de la hardiesse et du mouvement. De même, au moment de l’accouchement, la femme voit son taux d’ocytocine augmenter considérablement afin de faciliter « l’accordage » avec le petit enfant…


    La théorie du genre n’accorde que peu d’importance à ces différences biologiques et elle oublie totalement la différence de structuration du psychisme. Et pourtant il y a bien une énorme différence au départ entre la petite fille qui naît d’une personne du même sexe et le petit garçon qui naît d’une personne de sexe différent.


    Chaque petit enfant perçoit celle qui l’a mis au monde comme une divinité toute-puissante. Cela s’imprègne dans notre inconscient et fait que chaque humain homme ou femme continue de fantasmer sur la femme même si cette Femme, comme le dit Lacan, n’existe pas dans la réalité. En se rendant compte de la différence des sexes, le petit garçon apprend qu’il ne  pourra jamais devenir comme sa maman et qu’il doit renoncer à jamais à son premier modèle et à la toute-puissance. Il subit alors une castration psychique terrible qu’il ne peut supporter qu’en la refoulant. Le refoulement, pour lui, consiste à se persuader qu’il n’a jamais voulu être comme sa maman et ainsi qu’il n’a pas de raison de souffrir. Pour cela, il lui faut démontrer qu’il est préférable d’être un garçon qu’une fille. Qui n’a pas vu des petits garçons exhiber avec fierté leur « zizi » et affirmer que « les filles sont nulles » ?


    A la différence du petit garçon, la petite fille n’a pas à changer d’identification. Elle peut se dire qu’elle deviendra toute-puissante comme sa maman et qu’il lui suffit de grandir.


    Les sociétés patriarcales ont presque toujours cherché à accentuer ces bases inconscientes pour marquer la séparation entre les sexes, inférioriser le sexe féminin et empêcher le retour à la mère. Il fallait donc (et il le faut encore) mettre fin à tout ce qui peut être construction sociale sexiste. La théorie du genre y a largement contribué et a servi la démocratie en contrant les arguments naturalistes des sociétés traditionnelles. Mais, aujourd’hui, elle fait de toute différence une injustice comme si l’asymétrie était toujours associée à une forme de domination. Certes, elle maintient la mobilisation contre des discriminations sexistes encore trop nombreuses mais exacerbe la guerre des sexes au lieu d’essayer de la dépasser.


    Dénier la différence des sexes fait en effet de l’homme le coupable idéal de toute inégalité de résultat et de la femme une éternelle victime : si la femme se trouve moins performante, l’homme est accusé de l’avoir discriminée ; si elle pense avoir des aptitudes supérieures, l’homme est rendue responsable de sa mauvaise éducation et enjoint de faire un travail sur lui pour se bonifier.


    En déniant la différence des sexes et donc en s’évitant ainsi de la gérer, cette idéologie accentue les problèmes inévitables liés à l’altérité.


    Plus dramatique encore, cette idéologie ne donne pas aux fonctions symboliques non interchangeables de père et de mère la possibilité de s’exercer. La mère sur le même plan que le père ne voit plus la nécessité de nommer un homme dans la fonction d’autorité pour faire intégrer les limites au petit enfant. Cette maman dont les capacités ne sont pas en cause, peut vouloir limiter l’enfant mais celui-ci, la percevant toute-puissante et donc sans limite, ne cherche qu’à l’imiter. Il n’a qu’un seul but : faire plaisir à sa maman pour rester dans la fusion et la toute-puissance avec elle, c’est à dire hors la loi.


    En voulant éviter les névroses qu’a pu engendrer l’autoritarisme sexiste, l’idéologie du genre fait de « l’autorité parentale » « une autorité pas rentable » qui ne permet pas aux enfants d’intégrer les limites. Elle  les laisse dans l’angoisse de l’unité, sans père et sans repère.

    En recherchant l’unité de sexe comme d’autres ont recherché l’unité de race ou de classe, cette idéologie dérive. Elle a des conséquences graves sur les relations hommes/femmes et l’éducation des enfants et risque de nous entraîner vers l’utopie et la confusion ! … Ne sommes-nous pas déjà un peu dans l’indifférence ?

     

    Jean GABARD

    auteur d’un essai sur les relations hommes/femmes et l’éducation des enfants :

    « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi » 

    Les Editions de Paris, (54 rue des Saint-pères 75007 Paris, 01 45 44 16 22, les-editions-de-paris@wanadoo.fr)

    En librairie le 03 novembre 2011

     

     

     

    Mes prochaines conférences

    27/09/11 - Université du Temps Libre de Dreux : le féminisme et ses dérives

    04/10/11 - Conseil Général des Alpes Maritimes : la place des pères et des mères pour faire intégrer les limites

     

  • citations

     

    « Il est ordinaire de voir les bonnes intentions, si elles sont conduites sans modération, pousser les hommes à des effets très vicieux »

                                                      Montaigne

     

    Réédition

     

    « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi » 

    Les Editions de Paris, (54 rue des Saint-pères 75007 Paris, 01 45 44 16 22, les-editions-de-paris@wanadoo.fr)

     

    En librairie le 03 novembre 2011

     

     

     

     

     

    Mes prochaines conférences

    27/09/11 - Université du Temps Livre de Dreux : le féminisme et ses dérives

    04/10/11 - Conseil Général des Alpes Maritimes : la place des pères et des mères pour faire intégrer les limites

     

     

     

     

    Quelques extraits (de mon essai)

    sur le sexisme, sur la société patriarcale traditionnelle, sur les tentations populistes, sécuritaires, autoritaires …

     

    P.42

     « Le préambule de la Constitution de 1946 stipule : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme ». Avec cette « égalité » reconnue, les femmes sont en général sorties des rôles traditionnels. Elles ne sont plus autant qu’avant reléguées aux tâches subalternes et ont le droit de s’exprimer et faire valoir leur point de vue sur tous les sujets. Certes, ceci n’empêche pas qu’il y ait encore des domaines où les femmes sont encore peu écoutées et qu’il y ait même encore trop souvent non respect de leurs droits. Ces atteintes aux droits des femmes sont heureusement condamnées, en France, et de moins en moins fréquentes. »

     

    P.45

         « L’ancienne idéologie mise en place dès la préhistoire par les hommes et pour leur domination est encore soutenue par quelques intégristes mais paraît aujourd’hui « ringarde ». »

     

    « En effet, contestant l’idéologie traditionnelle, des hommes et des femmes, influencés par les humanistes et les philosophes des lumières, ont adopté des positions plus libérales et même démocratiques. »

     

    P.54

    « En faisant de la différence un défaut, les racistes s’évitent une remise en cause et se donnent le droit de se défouler en haïssant. En choisissant d’inférioriser les femmes qui les intriguent, les hommes sexistes se rassurent sur leur identité et légitiment ainsi leurs pouvoirs. »

     

    p.78

    «Ne serait-ce pas déjà, parce que les hommes pensaient que les femmes n’étaient pas à « leur niveau » que pendant des millénaires ils les ont considérées inférieures ? »

     

    p.81

    « Après des siècles de négation et d’humiliation de la femme, la crise d’adolescence de l’humanité conduit à une féminisation de la société. »

     

    p.120

    « Dans une société qui valorisait l’homme, le garçon pouvait être fier de le devenir et le refoulement indispensable était facilité. Soutenu dans la durée par la misogynie ambiante, celui-ci ne permettait cependant pas au petit homme d’apprendre à s’en passer et à assumer sa non toute-puissance. Restant dans la sidération de « La femme », il ne pouvait que se prendre au sérieux dans un rôle d’homme qu’il était incapable de jouer sérieusement. »

     

    p.125

    « Nombreuses sont les personnes qui, refusant tout autant l’enlisement dans une crise de « libertarisme » que les dérives réactionnaires, sentent la nécessité d’un changement de direction. De nouvelles voies se profilent qui prennent en compte les héritages du passé, en essayant de les comprendre et de les adapter à une humanité qui, sortie de l’enfance et en fin de crise d’adolescence, aspire à devenir adulte. »

     

    p.134

    «      Le mâle dominant a voulu parler au nom de la Raison que certains sages avaient approchée. Resté dans l’enfance et se prenant au sérieux, il se situait pourtant souvent au niveau de l’imaginaire et n’exprimait que sa masculinité. Légitimant sa fonction par son origine divine et étant incapable d’accepter le doute, il s’est identifié à Dieu et s’est doté d’un pouvoir absolu, arbitraire et tyrannique. Se prétendant supérieur, il a confondu autorité et autoritarisme. Il a ainsi mis en place des structures qui aliènent alors que le vrai leader, dirigeant avec du recul, est au contraire un chef qui fait grandir et qui rend libre. « L’autorité, dit Hannah Arendt, implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté ». »

         « L’homme qui gère mal sa masculinité et se prend au sérieux dans un rôle de père, de mari, d’homme, se conduit en macho. L’homme enfant a failli dans sa fonction. Son utilisation dévoyée du pouvoir a été logiquement contestée par les mouvements démocratiques et féministes. »

     

     

    p.97

    « En leur disant « Big mother is listening you », ils ne la font pas grandir. Ils prennent même le risque de passer pour de « mauvaises mères » et de se voir préférer des leaders populistes qui, n’ayant pas le pouvoir, peuvent promettre « un autre monde » et leur dire, sans risque de les décevoir : « j’ai fait un rêve pour chacun d’entre vous. N’ayez pas peur de rêver*. »  Cependant, en suivant les émotions les plus primaires contre la raison, en choisissant la spontanéité contre la réflexion, la proximité contre la distance, ces démagogues veulent bien tenir la main de Marianne, mais c’est davantage pour profiter de ses charmes que pour défendre les valeurs de la République. »

    *  « La France retrouvée », Bulletin du Front National entre le premier et le second tour de l’élection présidentielle, mai 2002.

     

    p.151

    «  L’humain enfant s’est structuré dans des sociétés patriarcales aux règles simples et strictes. En grandissant, il a rejeté les contraintes qui devenaient trop rigides pour lui. »

    « Ainsi, après l’enfance et l’adolescence, ne serait-il pas logique de changer de vision du monde et d’envisager le passage à l’âge adulte ? N’est-ce pas d’autant plus nécessaire que les désordres qui résultent de cette crise favorisent la montée en puissance des partisans d’un « ordre nouveau » déjà trop connu, disposant de moyens de destruction de plus en plus inquiétants ? »