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L'idéologie du genre en question

« L'ignorance provoque un tel état de confusion qu'on s'accroche à n'importe quelle explication afin de se sentir un peu moins embarrassé. C'est pourquoi moins on a de connaissances, plus on a de certitudes. Il faut avoir beaucoup de connaissances et se sentir assez bien dans son âme pour oser envisager plusieurs hypothèses.»

- BorisCyrulnik  

 

 

Élisabeth Badinter, dans une tribune publiée le 5 septembre 2020, dans le Journal du dimanche, dénonçait « les dérives autoritaires du féminisme »[1] et pointait du doigt celles[2] qui « déclarent la guerre des sexes » et qui, pour gagner, utilisent tous les moyens « jusqu’à la destruction morale de l’adversaire. »  Elisabeth Badinter marque nettement et justement la différence entre le féminisme qui a « procédé sans goulag » et où il est « toujours resté une possibilité de débattre » et un néo-féminisme « autoritaire et totalitaire » « qui n’a pas sa place dans le mouvement de libération des femmes. »

 

[1]  Les dérives autoritaires du féminisme 2013 Par Andrea Lucar

 

[2] Il faut dire « celles et ceux »

 

 

 

« A vrai dire, je crois qu'on est encore loin d'avoir envisagé tous les problèmes posés par la PMA pour les femmes célibataires et les couples de femmes mariées. A commencer par les effets du climat nécessairement incestuel (ce qui ne veut pas dire incestueux !) induit par la fusion primordiale de la mère avec son bébé, puisque le Père, devenu inutile, est évacué, et avec lui la loi du Père, structurante, remplacée par la loi du désir, un désir de toute-puissance qui ignore la castration. »

                                    Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste

 

« Pour être un tiers, il faut être dans l’altérité. Les deux seront des «mamans». Quand il y a un «père» et une «mère», on entend l’altérité. Un père n’est pas une mère. Il sera désormais inscrit dans la loi l’effacement de l’altérité. »

«Je considère cela comme une amputation. Sans être un prophète de malheur, on peut penser que toute amputation a des conséquences. »

 

Jean-Pierre Winter psychanalyste « La fonction symbolique du père est irremplaçable », Le Figaro, 27/09/2019

 

« Je pense que le « genre » est une idéologie. Cette haine de la différence est celle des pervers qui ne la supportent pas. »                                            Boris Cyrulnick

 

« La théorie du genre cherche à créer des êtres interchangeables, sans masculin ni féminin. »

                                    Jacques Testart   dans Le Devoir

 

« …je m’insurge contre ce consensus des médias de gauche qui fabriquent une opinion en évitant les points de vue contraires ou en les assimilant à l’expression de cathos réactionnaires. On dit que l’opinion a changé, mais elle ne s’est pas forgée toute seule, et si la cause de la GPA progresse après celle de la PMA, ce n’est pas l’effet de progrès techniques : certains lobbys et médias y ont une large part de responsabilité, hors du « débat démocratique » toujours revendiqué. »

                                          Jacques Testart

 

 « Une erreur n'est pas une vérité parce qu'elle est partagée par beaucoup de gens, tout comme une vérité n'est pas fausse parce qu'elle est émise par un seul individu »
                                                                    Gandhi

 

 

 

« Dans tous les domaines, nous voulons fusionner avec l’infantile. »

Philippe Muray

 

 

« Il est tout simplement aberrant de nier les preuves que, dans l’espèce humaine comme dans toutes les autres espèces, les différences génétiques entre mâles et femelles entraînent des différences moléculaires, cellulaires, physiologiques, et comportementales. […] Ceux qui nient ces faits, et donc rejettent leurs explications, le font pour des raisons idéologiques et affectives – non-scientifiques. ». 

                                            Charlotte Faurie

 

« La position qui consiste à dire que les différences entre les cerveaux d'hommes et de femmes est uniquement d'origine culturelle est fondée sur une idéologie, mais elle est reprise en boucle par les médias, car elle est décrétée politiquement correcte. […] Ignorer ou nier une contribution biologique est une aberration, l’aveuglement idéologique ne peut conduire à rien de bon ».

                                        Michel Raymond

 

Genre dans le trouble !

L’idéologie du genre affirme que toute différence de comportement entre les hommes et les femmes est le résultat de la construction sociale. Cette révolution pourfendue depuis toujours par des mouvements réactionnaires peu crédibles commence cependant à inquiéter aussi certains humanistes. En effet les conséquences de cette idéologie sur la société ne sont pas anodines.

 

L’idéologie du genre affirme que toute différence de comportement entre les hommes et les femmes est le résultat de la construction sociale. Cette idéologie s’est développée dans les années 1970, surtout aux Etats-Unis, et se retrouve aujourd’hui dans l’actualité. Stimulée par les succès des mouvements féministes et confortée par le sentiment de culpabilité et/ou le silence des hommes, elle apparaît maintenant incontestable face aux aberrations des théories naturalistes traditionnelles. Le militantisme de ses adeptes, minoritaires dans la société mais idéalement placés dans les milieux universitaires et les médias, a permis son implantation et son imposition comme idéologie bien-pensante. Elle est aujourd’hui entérinée par les directives européennes comme outil de lutte et d'action contre les discriminations. Elle fait partie des programmes officiels des universités et entre maintenant dans les livres scolaires.  

 

Les féministes du « genre » peuvent aujourd’hui apporter la preuve que des thèses naturalistes sont fausses. Qui, aujourd’hui, pourrait d’ailleurs défendre de telles inepties ? Prouver que des thèses naturalistes sont absurdes donne-t-il cependant la preuve que le postulat inverse est juste ?

Les féministes du « genre » peuvent constater qu’il existe des liens entre l’éducation et des comportements mais ils ne peuvent absolument pas démontrer que la culture est la seule explication des différences de résultats entre les hommes et les femmes.

Il existe, en effet, d’autres causes irréfutables dont les différences biologiques et notamment hormonales, parfaitement vérifiables aujourd’hui : à la naissance le petit garçon est, par exemple littéralement « bombardé » de testostérone afin de devenir homme ; au moment de l’accouchement, la femme voit son taux d’ocytocine augmenter considérablement afin de faciliter « l’accordage » avec le petit enfant…

 

S’il est vrai, comme le dit Elisabeth Badinter, que « le mythe ravageur de l’instinct maternel » à servi pendant longtemps « à persuader les femmes que c’est à elles de faire le sale boulot », comment dénier d’autre part qu’avoir un corps d’homme ou de femme influence nos comportements ? Comment dénier l’effet que peut avoir sur les filles leur potentialité de mettre des enfants au monde ? Le fait de naître d’une personne du même sexe (pour les filles) ou d’une personne du sexe différent (pour les garçons) structure de même différemment notre psychisme quelle que soit la culture. Elisabeth Badinter, elle-même, parle d’un « privilège » pour les femmes ! Comment peut-on encore dénier cette influence même si celle-ci est inconsciente et non vérifiable ? Il ne s’agit que d’un postulat mais celui-ci est-il cependant moins logique que le postulat affirmant que cette structuration différente du psychisme est impossible ?

 

L’idéologie du genre ne fait que réagir contre l’autre idéologie, autoritaire et sexiste. Elle a permis, dans les années 1970, de contrer les arguments naturalistes de la société patriarcale traditionnelle et de servir ainsi la justice. En perdant une partie de sa raison d’être, elle se cramponne à ses slogans simplistes et devient une utopie. Elle fait de toute différence une injustice comme si l’asymétrie était toujours associée à une forme de domination. Elle est aujourd’hui utilisée pour « victimiser » des femmes et mobiliser des militants en panne de motivations. Dénier la différence des sexes fait en effet de l’homme le coupable idéal de toute inégalité de résultat (comme s’il n’y avait pas déjà assez de délit à dénoncer) : si la femme se trouve moins performante, l’homme est accusé de l’avoir discriminée ; si elle pense avoir des capacités supérieures, l’homme est rendu responsable de sa mauvaise éducation et enjoint de faire un travail sur lui pour se bonifier.

 

En déniant la différence des sexes et donc en s’évitant ainsi de la gérer, cette idéologie accentue les problèmes inévitables liés à l’altérité et exacerbe les conflits entre les sexes. Il ne s’agit plus de vivre ensemble mais d’éliminer l’autre gênant et donc « moins bon », en attendant d’en faire un « nouveau ».

 

Plus dramatique encore, en déniant la différence des sexes, cette idéologie ne donne pas aux fonctions symboliques non interchangeables de père et de mère la possibilité de s’exercer. Elle ne permet pas aux enfants d’être véritablement éduqués et les laisse dans l’angoisse de l’unité et de la toute-puissance.

 

En recherchant l’unité de sexe comme d’autres ont recherché l’unité de race ou de classe, cette idéologie risque de nous entraîner vers l’utopie totalitaire et la confusion ! … Ne sommes-nous pas d’ailleurs, déjà un peu dans l’indifférence ?

 

 

Jean GABARD

                  

auteur d’un essai sur les relations hommes/femmes et l’éducation des enfants :

« Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi » 

Les Editions de Paris Max Chaleil, 2011.

 

 

 

 

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