14/06/2009
Violence et réactions violentes !
Michael Jackson,
symbole de notre société :
un enfant adulte devenu un adulte enfant !
« Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en le donnant qu'on l'acquiert. » Voltaire
Les parents ressentent de plus en plus la nécessité de l’autorité. Mais si nous ne disons plus qu’« il est interdit d’interdire » comme dans les années 70-80, les limites (et ceux qui les posent) sont toujours plus ou moins suspectées. Après les avoir rejetées en bloc, nous ne savons plus lesquelles fixer et surtout comment.
Il n’y a pas si longtemps encore, la femme, mise en position d’infériorité, cédait l’autorité à un homme qui avait tendance à en abuser. En s’enfermant dans le sérieux et le rigorisme, il se comportait en dictateur qui « faisait sa loi ». En ne provoquant chez ses enfants que l’envie de se rebeller, il ne leur apprenait pas à assumer la frustration : il ne jouait pas la fonction de père et ne leur permettait pas de grandir.
Aujourd’hui, parce que nous avons réagi contre ce type de société injuste et inadaptée, la situation est souvent totalement différente. L’homme, même lorsqu’il est présent, parce qu’il ne veut plus exercer la fonction d’autorité ou parce qu’il ne peut pas, peut ne pas être perçu par l’enfant comme quelqu’un qui mérite d’être écouté et c’est très souvent la maman qui exerce seule l’autorité parentale. Ceci est encore beaucoup plus vrai après une séparation.
Cette femme moderne qui n’est plus écrasée par la présence d’un patriarche au pouvoir absolu, peut certes avoir des réticences à employer la fermeté avec « la chair de sa chair » mais peut très bien se montrer tout aussi capable qu’un homme et même davantage.
Et pourtant, de très nombreux enfants n’intègrent pas les limites et ont des difficultés à respecter celles qui se présentent à eux par la suite, que ce soit à l’école ou dans la société.
Ceci n’est pourtant pas une fatalité !
Si nous voulons sortir des dérives actuelles, sans retomber dans les erreurs du passé, n’est-il pas nécessaire d’inventer un nouveau projet qui, prenant en compte la différence des sexes, redéfinisse les fonctions que les pères et les mères ont à jouer, sérieusement, sans se prendre au sérieux ?
Enseignant, auteur et conférencier, je propose d’animer des conférences-débats pour aider les parents et tous ceux qui ont des fonctions d’éducateurs à réfléchir - sur l’éducation des enfants, aujourd’hui, dans une société moderne - sur les limites à poser et les façons de les faire intégrer ...
La partie conférence (1 h) permet en se servant de l’histoire et de cas concrets, d’expliquer la situation actuelle. La partie débat (1 h) permet, avec l’aide des questions et des témoignages des participants d’entrevoir certaines pistes. Elle donne des éléments pour poursuivre la réflexion après la conférence-débat.
Mes prochaines interventions
à Péage de Roussillon (38)
à Pierrelatte (26)
conférence-débat : La place des pères et des mères dans l’éducation des enfants
organisée par : Mairie Pierrelatte
le jeudi octobre ?
à Soumagne (près de Liège Belgique) en étude
conférence-débat : Avec un enfant, Vénus a-t-elle encore besoin de Mars ?
organisée par : La Convi
à Evry (91)
conférence : Le féminisme et ses dérives
Université du Temps Libre de l’Essonne
Le jeudi 28 janvier 2010
à Montélimar (26)
conférence : Être père aujourd’hui
Université Populaire de Montélimar
samedi 30 janvier 2010
…mes dernières interventions
Emission de radio RCF : « A votre service – parentalité »
Quelle est la place des pères dans la famille moderne ?
Food For Thought Bruxelles http://www.foodforthought.be (0)479/24.03.17
Action Collective Familles au Centre Social Lou Pasquie,Roussillon (84) 04.90.05.71.04. famille.cslp@orange.fr loupasquie.blogspot.com
Groupe Partenaires Enfance Jeunesse, Paray le Monial en Saône et Loire,
03.85.81.78.49
enfance@mairie-paraylemonial.fr
Agora du Nord EDHEC de Lille (débat avec Clémentine Autain), http://www.lagoradunord.cominfo@lagoradunord.com
Espace Collectif Petite Enfance et Famille La Combe Noire, Saint-Pierre d’Albigny en Savoie, 04 79 28 06 71 aca.collectifamille@free.fr
Centre de loisirs, Saint Paul Trois Chateaux dans la Drôme, 04 75 96 65 20, centre-de-loisirs@afi-saintpaul.fr
Centre social et culturel Intercommunal Energies de la Piège, Salle-sur-l’Hers dans l’Aude, 04 68 60 38 98, l.nexon.csciep@orange.fr
Congrès « Hommes : état des lieux » à Bruxelles, www.relais-hommes.org/presentation/congres-hommes-etat-de... - 21k -
Association Apeser à Narbonne, 06 74 44 70 05, apeser@free.fr
M.J.C. de Charvieu-Chavagneux
Centre Social Lavieu à Saint-Chamond
Association des Familles de Limas (Villefranche sur Saône),
Centre Social Lavieu à Saint-Chamond
Colloque du Centre Médical Universitaire de Genève
Association des Parents d’Elèves de l’Institution Saint-Charles à Vienne
Médiathèque Simone de Beauvoir à Romans
Librairie La Hulotte à Annonay
Association de la Fête du Livre à Roisey
Centre Social de Sablons
…
Violence et réactions violentes !
C’est malheureusement vrai et c’est la raison pour laquelle je peux comprendre la réaction des femmes et même leur violence.
Mais permettez-moi de ne pas l’approuver !
Je ne cherche pas à stigmatiser les personnes qui peuvent réagir violemment. Mon propos est plutôt de réfléchir sur l’idéologie qui cautionne ces comportements négatifs et qui, pour contrecarrer une idéologie patriarcale dans l’erreur, propose une vision toute aussi erronée.
Réagir contre l’infériorisation de la femme différente, était nécessaire (et il faut remercier les féministes de l’avoir fait), mais nier la différence des sexes pour éviter d’avoir à la gérer, ne me semble pas une solution. De la même façon que la discrimination du sexe dit faible (qui était une façon de ne pas assumer la différence) a permis de cautionner la violence de l’homme, la dénégation de la différence des sexes par l’idéologie féministe dominante, permet de fermer les yeux sur la violence de la femme qui ne laisse pas toujours des traces visibles mais qui est tout aussi destructrice. Cette impunité est non seulement humiliante pour l’homme mais dangereuse car elle décuple sa colère.
Refuser la différence des sexes amène à ne pas la prendre en compte et à ne pas respecter l’autre. Ce non respect faisait croire au « macho » que le viol d’une femme n’était « pas si grave que ça » (la fragilité de la femme était vue comme un signe de son infériorité) ! Ce même non respect fait dire aujourd’hui à des féministes que l’homme ne possédant pas la même solidité psychique qu’elles, est responsable de sa faiblesse et s’il se sent blessé : "qu'il fasse un travail sur lui pour y remédier" ! Tout ceci parce que la réaction féministe voudrait nous faire croire que les différences sont uniquement dues à une construction sociale sexiste.
Le refus de la différence de structuration du psychisme chez l’homme et chez la femme est en fait un refus des limites, un refus du manque et de la frustration.
L’humain considéré pendant des siècles comme un enfant qui devait se soumettre cherche aujourd’hui, en réaction, à se libérer de toutes les contraintes et aspire à la toute-puissance. Il refuse la castration au lieu de l’assumer pour devenir adulte. Cette conception de la liberté est mortifère et nous commençons, hélas, à en réaliser les conséquences avec nos « enfants-rois », dans les familles, à l’école et dans de multiples domaines.
Il y a encore du chemin à faire pour sortir des erreurs de la société patriarcale et pour corriger les dérives de l’idéologie féministe !
Mais n’est-ce pas un projet passionnant pouvant donner sens à nos vies ?
Jean GABARD
22:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06/06/2009
La place du père dans la famille moderne ?
Comme toute différence, la différence des sexes est gênante parce qu’elle renvoie au manque insupportable. Cette castration est terrible mais il convient de l’assumer pour s’élever !
La place du père dans la famille moderne ?
La place du père dans la famille a considérablement évolué depuis une cinquantaine d’années et ne paraît toujours pas évidente aujourd’hui : plus que jamais, en ce début de XXIème siècle, elle pose question !
Pendant des siècles, les rôles des hommes et des femmes ont été cadrés avec rigueur par la société patriarcale. La marche vers la démocratie a apporté des ouvertures. Aujourd’hui les hommes ne se sentent plus obligés de maintenir une posture rigide et acceptent de dévoiler leur sensibilité. Ils peuvent se permettre d’exprimer leurs sentiments et de participer à des tâches autrefois réservées aux femmes, sans pour autant sentir leur virilité défaillir. Ils sont même des papas beaucoup plus présents, plus proches, qui savent entourer leur famille de leur protection et de leur affection.
Si comme l’affirment certain(e)s féministes, il y a égalité entre l’homme et la femme et si toutes les différences ne peuvent qu’être la conséquence d’une construction sociale sexiste, il n’y a alors aucune raison qu’ils ne puissent l’un et l’autre avoir les mêmes qualités et donc les mêmes rôles ! Ils sont donc responsables de leurs capacités et de leurs résultats et ce sera au moins performant à corriger ou parfaire son éducation. Les mentalités doivent changer et on ne peut nier qu’elles ont énormément évolué, malgré les réticences de certains. Parvenir à se défaire des stéréotypes sexistes imposés par la société patriarcale ne reste-t-il pas l’idéal à atteindre et, même s’il y a encore beaucoup à faire, n’est-ce pas déjà un grand succès de la mouvance féministe ? Ainsi, des hommes qui ont pourtant eu moins ou plus tardivement que les femmes les motivations pour se remettre en question, arrivent-ils quand même à sortir de leur rôle de « macho » et à davantage accepter la démocratisation de la société. Certains s’efforcent même de faire oublier leur masculinité assimilée au travers machiste !
S’il fallait positiver et rester politiquement correct, il faudrait en rester là. Mais la réalité quotidienne n’a-t-elle pas plusieurs facettes ?
On ne peut que se féliciter du recul des comportements sexistes chez les hommes. La nouvelle idéologie égalitariste n’a-t-elle pas cependant tendance à les culpabiliser quand ils n’arrivent pas à être aussi performants que les femmes ? Et pourtant faudrait-il qu’ils le soient ? De quelle égalité est-il alors question ? L’homme doit-il devenir « une femme comme les autres » ? Dans la famille doit-il devenir une seconde maman et doit-il, pour favoriser l’harmonie, entrer dans la dyade maman-enfant comme de nombreux papas s’y essaient avec plus ou moins de succès ?
Si l’homme peut « être dans l’affectif » et même dans le ludique avec ses enfants, doit-il pour autant oublier la fonction d’autorité à laquelle les « pères » traditionnels avaient le tord de s’identifier ?
Faut-il pour ne plus dériver vers l’autoritarisme, craindre l’autorité ?
Faut-il pour ne plus dériver vers « le père fouettard », ne plus jouer la fonction de père ?
Faut-il pour rejeter l’autorité paternelle sexiste ne plus distinguer dans l’autorité parentale la fonction de la mère et la fonction du père ?
La loi de 1970 donne pourtant l’autorité non pas aux parents mais « aux pères et aux mères » et pointe nettement la différence des sexes !
En effet, il n’est pas certain que l’humain ait intérêt à essayer de contourner la différence et de fusionner avec un autre soi-même. L’infériorisation de l’autre féminin par les hommes du passé en quête de certitude ne peut non plus autoriser aujourd’hui l’humain, fasciné par la toute-puissance, à dénier la limite incontournable. De même la réaction légitime contre des siècles de construction sociale sexiste ne doit pas faire oublier la structuration différente du psychisme chez l’homme et chez la femme, totalement indépendante de la culture. Des différences fondamentales, du fait d’être mis au monde par une femme, ne sont-elles pas visibles chez les hommes et chez les femmes dans les cultures du monde entier et à toutes les époques ?
Cette structuration différente du psychisme permet non pas de fixer une « nature » féminine ou masculine, mais de dégager des tendances et des motivations différentes. La maman qui a mis l’enfant au monde n’est perçue ni comme le papa et ni pareillement par les petits garçons et par les petites filles. Fantasmée toute-puissante, elle ne pourra jamais jouer les mêmes fonctions symboliques que le père. Même si elle peut avoir les mêmes capacités, ce qu’elle fera et dira sera toujours interprété différemment par l’enfant. Si elle veut faire preuve d’autorité, elle pourra éventuellement obtenir l’obéissance de l’enfant. Celui-ci cherchera à lui plaire par crainte de perdre son amour, mais il n’est pas certain qu’il apprenne à respecter la loi. En effet, comment pourrait-il intégrer une limite venant d’une personne perçue comme n’en ayant aucune ?
Comme toute différence, la différence des sexes est gênante parce qu’elle renvoie au manque insupportable. Cette castration est terrible mais il convient de l’assumer pour s’élever !
Il apparaît ainsi que si le papa peut être un bon papa câlin, il a aussi à jouer la fonction d’autorité, apparemment ingrate pour celui qui l’exerce, mais indispensable pour que l’enfant apprenne les limites et sorte de son sentiment de toute-puissance mortifère. Si l’homme accepte de jouer cette fonction, il ne peut l’imposer et elle doit lui être donnée par la maman qui renonce alors à « être toute » pour devenir mère : celle qui nomme le père chargé de dire la loi. Le père et la mère entrent ainsi, pour le bien de l’enfant, dans une « dépendance » qui n’est possible que s’il y a une véritable alliance entre eux !
Jean GABARD
suite à l’émission du 2 juin 2009 de R.C.F. : A votre service "Rendez-vous avec la petite Enfance. Quelle place pour les pères aujourd'hui ?" avec Jean GABARD, conférencier, auteur de "Le féminisme et ses dérives - Du mâle dominant au père contesté" Les Editions de Paris"
Prod : Elisabeth Martineau
15:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20/05/2009
Féminisme ? propagande ? sexisme ?
Féminisme ? propagande ? sexisme ?
Dans la société démocratique « moderne » il y a maintenant la possibilité de donner son avis sur tout et même de fustiger ce qui avant s’imposait et faisait l’unanimité. Il est même de bon ton de s’attaquer non seulement aux écrits ou aux paroles, mais aussi aux personnes elles-mêmes. C’est ainsi qu’il devient habituel de dénigrer les hommes, les pères, les adultes et toutes les autorités.
S’il est « politiquement correct » de bafouer les « dominants », vous risquez cependant de devenir très vite suspect si vous vous en prenez aux « dominés ». C’est ainsi que vous êtes très vite accusé de conservatisme si vous critiquez les propos d’un jeune, de racisme si vous critiquez ceux d’un étranger, d’islamophobie si vous critiquez ceux d’un musulman, d’antisémitisme si vous critiquez ceux d’un juif, d’homophobie si vous critiquez ceux d’un homosexuel… Si vous osez émettre une réserve sur les positions d’un féministe, ce sera encore pire : vous serez directement condamné comme macho et réactionnaire ! Vous ne serez pas brûlé. Non « le féminisme n’a jamais tué personne » ! Vous serez simplement considéré comme un pestiféré, comme un danger pour le progrès et la démocratie ! Ainsi catalogué, les « démocrates modernes » pourront se donner le droit de vous priver de parole, en toute bonne conscience !
Je me permettrai cependant de poser quelques questions sur les « Vérités » de certains « féministes ».
Les recherches « scientifiques » sur les « violences conjugales », sur les « tâches ménagères », sur les « inégalités de salaire », sont-elles vraiment des recherches et à plus fortes raisons scientifiques quand ceux qui les font sont des partisans d’une idéologie et ont déjà les réponses avant de les avoir cherchées ?
L’interprétation des résultats obtenus par des chercheurs partisans peut-elle être considérée comme une information quand elle est donnée dans le but de défendre une idéologie ? N’est-ce pas alors plutôt de la propagande ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand « 10% de femmes victimes de violences conjugales » devient dans la bouche de certains : « 10% de femmes battues » ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand il y a une journée contre la violence faite aux femmes et qu’il n’est rien dit de la violence dont sont victimes les hommes ?
Celle-ci serait-elle plus acceptable ? Trouverait-on normal que la journée des déportés ne concerne que les déportés hommes ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand « 80% du noyau dur des tâches domestiques (cuisine-vaisselle-ménage-linge) » devient « 80% des tâches domestiques » ou « 80% du travail à la maison » ou « les femmes travaillent deux fois plus que les hommes » ?
D’après les mêmes chiffres si les femmes font effectivement 80% du noyau dur des tâches ménagère, elles ne font plus que 65,2% de l’ensemble des tâches domestiques (et les hommes 34,8%). Si l’on additionne le temps passé pour l’ensemble des tâches domestiques et pour les activités professionnelles, les femmes font 51,8% de l’ensemble du travail contre 48,2% pour les hommes. La différence existe bien mais on est loin des 80% - 20%.
Serait-il accepté de dire que les hommes assurent 80% du travail à la maison parce qu’ils assurent 89,1% du bricolage et 71% du jardinage (suivant les mêmes études) ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand, afin de victimiser les femmes, les tâches domestiques de celles-ci sont jugées « contraintes » et les tâches des hommes « nobles » ?
Tondre la pelouse, tailler la haie, s’occuper des poubelles … ne seraient-elles pas des tâches tout aussi « contraintes » ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand il est dit que les hommes ont des revenus 20% supérieurs à ceux des femmes, en faisant croire que c’est pour le même travail ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand toutes les différences sont considérées comme des discriminations parce qu’une idéologie féministe les attribue uniquement à une construction sociale sexiste, alors qu’elles proviennent aussi de différences biologiques et de la structuration différente du psychisme, indépendante de la culture ?
N’y a-t-il pas propagande et même sexisme
quand l’égalité en droits est interprétée comme un droit à l’égalité ?
N’y a-t-il pas dérives féministes
quand la défense du féminisme (et pas forcément des femmes) passe par la propagande et le sexisme ?
N’y aurait-il pas aujourd’hui d’autres voies pour essayer de vivre ensemble et devenir adulte ?
Jean GABARD
Le 18 mai 2009 10:43, Jacqueline Martin <jacqueline.martin@univ-tlse2.fr> a écrit :
Comme vous le savez sans doute , je suis féministe et si je participe à une certaine "idéologie ou propagande" , vous n'êtes pas exempt d'appartenir et de défendre la votre "l'anti-féminisme"...
un seul ex/
"D’après les mêmes chiffres si les femmes font effectivement 80% du noyau dur des tâches ménagère, elles ne font plus que 65,2% de l’ensemble des tâches domestiques (et les hommes 34,8%). Si l’on additionne le temps passé pour l’ensemble des tâches domestiques et pour les activités professionnelles, les femmes font 51,8% de l’ensemble du travail contre 48,2% pour les hommes. La différence existe bien mais on est loin des 80% - 20%. Serait-il accepté de dire que les hommes assurent 80% du travail à la maison parce qu’ils assurent 89,1% du bricolage et 71% du jardinage (suivant les mêmes études) ?"
Commentaires : comme vous le savez mais feignez de ne pas le savoir... le travail domestique est un travail gratuit, non rémunéré... il ne sert donc pas à grand chose d'additionner des temps de travail non rémunérés et rémunérés, pour démontrer que l'écart n'est pas si grand entre les temps de travail des unes et celui des autres .... comme vous le savez et feignez de ne pas le savoir ... et donc en diffusant de fausses informations et connaissances tronquées, le travail de bricolage-jardinage est occasionnel et varié le noyau dur du domestique est quotidien et répétitif... votre idéologie procède de non-dits, et d'occultations d'un partie des connaissances utiles pour comprendre les inégalités bien réelles qu fort heureusement un certain nombre d'hommes ont bien compris en remettant en cause leur socialisation-éducation ... ce qui ne semble pas être votre cas en vous posant de fausses questions car de la propagande qui plus est nous en avalons tous les jours
je vous remercie donc d'enlever mon nom de votre mailing et de diffuser ma réponse
Jean GABARD le 20 mai 2009
Je vous remercie d’avoir pris le temps d’une réponse.
Vous n’avez peut-être lu que ce dernier article et c’est pourquoi je tiens à vous préciser que je ne dénonce pas le féminisme mais les dérives de certains féministes qui font du féminisme une idéologie égalitariste. Je ne défends personnellement aucune idéologie et certainement pas celle d’antiféministes qui peuvent tenir des propos sexistes et réactionnaires. Je m’efforce de défendre la démocratie ou plutôt de contribuer modestement à la construire. C’est pour cela que je peux, comme je le fais aussi dans mon essai, reconnaître tout ce que lui a apporté la vision du monde féministe au cours des siècles passés et soutenir l’action de féministes quand ceux-ci réclament l’égalité en droits, la fin des violences faites aux femmes, un juste partage des tâches. C’est pourquoi je peux aussi dénoncer ce qui me semble être des dérives dans les propos des uns et des autres, qu’ils se réclament d’une idéologie ou d’une autre.
Je pointais, il y a peu, les dérives de ceux qui n’arrivent pas à concevoir qu’ils puissent dériver et qui traitent ceux qui ont un avis différent de réactionnaires pour se donner bonne conscience de ne pas les écouter (ou même de les empêcher de parler). J’ai malheureusement l’impression que c’est un peu ce que vous faites encore…
Le fait de dénoncer les violences faites aux femmes ne m’empêche pas de trouver anormal que l’on ignore les violences faites aux hommes et même de penser qu’il puisse y avoir un certain sexisme dans cet « oubli ». Pour moi, qui me refuse à faire de ma vision du monde une idéologie, dénoncer la peste, ne veut pas dire accepter le choléra ! Vous pouvez peut-être me reprocher mon manque de militantisme mais pas de faire de la propagande pour quelque idéologie que ce soit ! Si vous assistez à mes interventions, vous pourrez vous rendre compte que si je m’efforce, dans la partie conférence d’expliquer au mieux une vision du monde (qui n’a d’ailleurs rien de polémique), j’accepte ensuite toutes les remarques, toutes les questions et essaie surtout de favoriser le débat et la réflexion.
Si vous abordez le fait que les femmes fassent davantage d’heures non rémunérées que les hommes, pourquoi alors ne pas vouloir compter les heures de bricolage faites en grande partie par les hommes. Je ne vois pas en quoi le fait de faire le même jour, admettons six heures de travaux à tondre la pelouse, tailler la haie, réparer le robinet qui fuit, serait à ce point négligeable par rapport à sept fois une heure de cuisine ou de ménage ! Je ne pense pas non plus que ces heures là soient davantage rémunérées et que tondre la pelouse soit plus gratifiant que faire la cuisine. Si vous ne voulez pas faire intervenir les heures rémunérées, pourquoi pas, mais vous devez alors comptabiliser toutes les heures de travail domestique et ne plus dire en ne comptant que « le noyau dur », 80% pour les femmes et 20% pour les hommes mais 65.2 et 35.8. (je rappelle que les temps de travail sur une semaine ne sont pas mes chiffres mais ceux donnés par l’INSEE dans la même étude)
65.2 et 35.8 : il y a effectivement inégalité ! Mais si c’est ce que vous voulez prouver, dites le en donnant les chiffres qui correspondent et je serais même peut-être d’accord avec vous pour dénoncer cette mauvaise répartition, si celle-ci n’est pas choisie librement. Mais ne pas donner les bons chiffres ou faire croire que le travail des hommes à la maison serait l’équivalent d’un loisir, non ! D’ailleurs accepteriez-vous aujourd’hui que l’on néglige le temps que passent les femmes aux taches ménagères sous prétexte qu’elles y prennent du plaisir ?
Mes questions vous dérangent et c’est bien normal. Elle vous dérange d’autant plus que j’en pose sur ce qui est à la base d’une certaine idéologie féministe : « la socialisation éducation ».
Je reconnais tout à fait (et je l’ai encore dit à Clémentine Autain lors de notre débat à Lille), qu’il y a encore aujourd’hui construction sociale mais je conteste qu’il n’y ait que ceci pour expliquer les différences entre les hommes et les femmes. Si de nombreuses personnes sont d’accord pour accepter les différences biologiques, je sais aussi que d’autres n’acceptent pas qu’il puisse y avoir une structuration du psychisme différente (chez le petit garçon et la petite fille) et totalement indépendante de la culture. S’il est possible de me reprocher de ne pas pouvoir apporter la preuve de ce qui se passe dans l’inconscient (et pour cause), je rappelle que personne ne peut apporter la preuve qu’il n’y a que de la construction sociale et que cette part de structuration inconsciente n’existe pas. Permettez-moi alors, dans le doute et à plus forte raison quand je constate que le postulat est opératoire, de poser des questions et de mettre en avant « le principe de précaution »…
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