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29/11/2015

Charlie peut-il censurer ?

 

La démocratie nécessite l'antagonisme et la controverse des idées.  

 

Edgar Morin

 

 

27/12/15

 

Quand le réactionnaire veut garder le bébé dans l’eau sale,

un  se satisfait de jeter l'eau sale ... et le bébé

alors qu'il faut mettre le bébé dans l’eau propre et en prendre soin

 

 

Dans le il y a des dérives à corriger

pour pouvoir avancer.

Dans le , le et l'

tout est à rejeter

pour ne pas reculer

 

 

12/12/15

 

Aux

quand on ne peut choisir le meilleur candidat,

il faut choisir le moins mauvais

pour éviter le pire

Permalien de l'image intégrée

 

 

 

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Le 02/12/15 : La conférence débat à Maclas s'est parfaitement déroulée devant un public attentif et très participatif.

De très nombreuses questions ont permis de faire avancer le débat

et peut-être d'imaginer des projets pour devenir plus adulte.

Merci encore à Familles Rurales de Maclas qui a organisé cette rencontre

 

 

 

 

Quelques tweets publiés entre le 12 et le 31 novembre 2015 :

 

Les mêmes qui réclament la liberté de pouvoir caricaturer un prophète n’acceptent pas que l’on puisse critiquer le dogme

 

Il faut sortir du cercle vicieux ... islamophobie radicalisation terrorisme islamophobie... La c'est faire preuve d'intelligence

 

J'invite ceux qui ne partagent pas mon point de vue à venir m'écouter plutôt que de faire annuler mes au nom de la

 

Il faut éduquer pour empêcher la de militants qui considèrent, tout critique du dogme comme un hérétique à brûler

 

Des personnes sont CHARLIE et censurent un auteur qui critique les dogmes ? ! Où est la démocratie ?

 

 

 Pour lutter contre sexisme populisme intégrisme Il faut corriger des dérives féministes

 

Quand le réac veut garder le bébé dans l’eau sale, un jette eau sale et bébé alors qu'il faut mettre le bébé dans l’eau propre

 

La différence des sexes ne justifie nullement les mais nous oblige à la gérer La dénier =

 

 

 

 

 

Parce que je critique certains dogmes féministes,

 

certaines personnes

 me suspectent, m’accusent et même me condamnent,

 

en faisant pression (en se servant de leur fonction) pour faire annuler mes conférences (ex. celle prévue à Lyon Vaise le 25/11),

 

Elles n’hésitent pas à employer des méthodes staliniennes au nom des valeurs de la démocratie :

 

 des valeurs de tolérance, de partage, d’accueil, d’écoute, d’échange, de réflexion, d’ouverture, de liberté, de droits à la critique … !

 

Je serais, paraît-il, un dangereux “masculiniste”

tenant des propos sexistes, homophobes et réactionnaires !

 

N’ayant pas de preuves à fournir pour justifier leur condamnation, elles changent parfois de procès et me reprochent de ne pas avoir de références.

Effectivement, je ne fais qu’intervenir dans des conférences-débats, congrès, assises,  colloques, tables rondes, dans des médias…

en France, en Suisse et en Belgique.

 

 

Peut-on, aujourd'hui, être censuré

par des personnes qui se disent « Charlie »

quand on dénonce des dérives féministes  

favorisant la montée du sexisme, du fascisme,

de l’intégrisme, des djihadistes ?

 

Vous avez l’occasion de venir juger par vous-même de la “dangerosité” de mes propos

Attention,

ils peuvent effectivement faire réfléchir !  

 

en venant participer aux conférences-débats 

que j'anime

 

le mardi    1er décembre 2015

à 20 h

à la Maison des Associations

 

de M A C L A S

 

à la conférence-débat

 

 

La place des pères

et des mères

pour faire intégrer

 les limites

 

entrée libre

il est préférable de prévenir de votre venue

afrmaclas@orange.fr

 

 

 

Que nous soyons parents, grands parents, éducateurs, enseignants, assistants maternels ou simples citoyens … nous sommes parfois confrontés à des enfants difficiles à gérer !                                                                                                                                                                                                                                                                   

Nous savons pourtant qu’il n’est plus « interdit d’interdire » comme dans les années 1970 et qu’il faut poser des limites aux enfants.

Nous avons aussi appris que nos enfants étaient des personnes et qu’il convenait de les respecter et de savoir leur parler, en tenant compte de leur âge, pour qu’ils obéissent.                                                                                                                                                                                                                                             

Il nous reste cependant un point important à régler pour pouvoir être davantage  entendus en leur fixant les limites : bien nous positionner (à une place acceptable par eux) pour jouer pleinement nos fonctions d’éducateur.                                                                                                                                              

Un point essentiel mais délicat !

En effet, parler de la place des « pères » et des « mères » fait encore trop penser aux rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes par la société patriarcale traditionnelle que nous rejetons à juste titre pour son autoritarisme et son sexisme.

 

Comme il ne s’agit surtout pas de vouloir revenir à ces rôles traditionnels,

comment peut-on poser des limites, aujourd’hui, pour qu’elles soient intégrées par les enfants (petits ou grands) qui ont tant besoin de repères pour se structurer et devenir des adultes responsables ?

 

C’est à cette question que nous pouvons tenter d’apporter, si ce n’est une réponse, des éléments de réflexion

 

 

 

 

P.S. Mon prochain essai aura pour thème l'Ecole :

"Pour que nos enfants puissent apprendre à l'Ecole..." 

 

 

 

Jean GABARD

« Auteur »   « conférencier »

relations hommes / femmes   éducation des enfants

« Animateur » à Radio d’Ici  http://radiodici.com

« Photographe »  mariage… anniversaire…

 

jean.gabard@gmail.com

http://www.jeangabard.com

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14:46 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

01/10/2015

apprendre à l'école

 

« Un père vaut plus qu’une centaine de maîtres d’école. »

George Herbert

 

 

Ne pas imaginer le manque (consécutif à la différence des sexes) c'est manquer d'imagination. 

 

La différence des sexes (autre qu'anatomique) est difficile à assumer. Elle pointe que nous ne sommes pas "Tout", que nous manquons de ce que l'autre a et que nous n'avons pas.

 

La différence des sexes est la conséquence de la biologie, de la structuration du psychisme et de la construction sociale

mais pas uniquement de la construction sociale comme voudrait nous le faire croire le postulat des Etudes de genre qui est pris pour une théorie du genre.

 

Cette dérive de certains féministes a de graves conséquences sur l'éducation des enfants dans la famille et à l'école.

 

 

(sujet du prochain livre)

 

 

 

Mon prochain essai (à paraître bientôt) pourrait s'intituler :

 

Maternelle ... mais pas trop !

Pour que nos enfants puissent apprendre à l'école

 

 

 

 

 

 

un extrait sur l'évaluation à l'école :

 

      Sur cette question de l’évaluation, les bonnes intentions ont encore été détournées. Dire à un élève que c’est un « mauvais élève » est en effet inadmissible puisqu’en démocratie on ne doit jamais juger la personne mais ce qu’il a fait ou dit à un moment donné.C’est encore plus insupportable de donner une étiquette à un enfant censé venir à l’école pour apprendre, en ne tenant compte que d’un exercice, dans une matière, à un moment donnée. Cette faute devait être corrigée mais malheureusement, par compassion, au lieu d’évaluer ce qui peut l’être, il est fait en sorte que l’élève ait de bons résultats pour ne plus pouvoir le qualifier de « mauvais élève ». La fusion est préservée en le disant « bon élève » mais la confusion entre le jugement d’une personne et l’estimation de sa production persiste. Comment d’ailleurs ne pourrait-il pas y avoir de trouble dans la tête des élèves et des enseignants quand toute la communication et même celle du ministère de l’Education Nationale porte sur l’évaluation des élèves (« Evaluation des élèves du CP à la 3ème» ; « Conférence nationale sur l’évaluation des élèves » ; « L’évaluation des élèves par les enseignants dans la classe et les établissements : réglementation et pratiques… ») Dans un article de l’Institut Français de l’Education[1] il est dit très justement : « Il s’agit bien de les convaincre que c’est leur performance qui est évaluée et non leur personne » mais la question posée dans le titre est : « Que signifie « évaluer les élèves » ? ».

 



[1]L'Institut français de l'Éducation est un institut interne de l'ENS de Lyon

 

 

   

 

 

 

 

 

22:59 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

27/05/2015

Paternalité

 

 

Une société se construit à partir du père, c'est lui qui dit le permis et l'interdit, c'est lui qui met des limites,

c'est lui qui coupe le lien fusionnel entre la mère et l'enfant.

 

 

Gabrielle Rubin

 

 

Mon prochain essai (à paraître bientôt) pourrait s'intituler :

 

Maternelle ... mais pas trop !

Pour que nos enfants puissent apprendre à l'école

 

 

 

 

 

 

Suite à mon intervention aux 43èmes Assises Nationales des Sages-Femmes à La Cité Internationale Centre des Congrès de Lyon

 

 mon texte sur la Paternalité paru dans le Compte-rendu scientifique des Assises 

 

Assise Nationale des Sages-Femmes 2015 001.jpg 

 

Paternalité *

 

 

La remise en cause des sociétés patriarcales, dans les pays occidentaux, a permis d’inscrire dans la loi et avec l’approbation d’une très grande majorité des populations, l’égalité entre les hommes et les femmes. La famille a été bouleversée. Le père a été déboulonné de son trône et privé de ses certitudes. Il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul modèle de père mais plusieurs selon la vision du monde que l’on adopte. Au modèle de père traditionnel que certains veulent encore suivre ou retrouver, s’ajoute le modèle du père né de la contestation. Parce qu’il prend le contrepied du père autoritaire et sexiste, ce modèle de père est le plus suivi. Il est dit « moderne ». Il lui est cependant reproché ses absences voire même son inutilité et certains, n’acceptant ce sort et ne souhaitant pas non plus verser dans la nostalgie de l’enfance, peuvent souhaiter faire sortir ce père de sa crise d’adolescence pour en faire un père adulte.

 

 

 

Pendant des siècles, les rôles des hommes et des femmes ont été cadrés avec rigueur par la société patriarcale. Alors même que le géniteur restait « incertain », le statut de père était connu et reconnu.  L’homme savait parfaitement le comportement qu’il devait adopter. Il lui suffisait d’appliquer ce qui lui avait été appris par ses parents et qui se transmettait de génération en génération. Les règles nécessaires à la survie du groupe ne souffraient aucune discussion.

 

D’après l’idéologie de cette société, le père est le chef absolu de la famille. Ce dernier garde souvent une certaine distance et préfère laisser à la maman la tâche de s’occuper de l’enfant. C’est elle qui donne les soins et la tendresse au petit enfant. Arrivé à « l’âge de raison », le garçon est enlevé des mains des femmes pour entrer dans le camp des hommes où lui sont inculquées les valeurs dites « masculines » destinées à le distinguer du sexe dit « faible ».

Ce père autoritaire, davantage d’ailleurs dans l’autoritarisme que dans l’autorité, est aujourd’hui en voie de disparition dans les pays occidentaux où la victoire de la démocratie a rendu insupportables ses atteintes à la liberté et à l’égalité. Il est devenu le symbole du passé.

 

L’idéologie patriarcale a en effet commencé à être vraiment contestée à partir du XVème siècle par une vision du monde que l’on peut appeler « féministe » dans la mesure où elle s’est totalement opposée à celle de l’homme au pouvoir. Avec la contestation de son autorité dite d’origine divine, la société toute entière a été transformée.  Ces luttes libérales, démocratiques, féministes ont mis à mal la domination masculine et bouleversé les rapports hommes/femmes, pères/mères. De trop nombreuses femmes sont encore victimes du sexisme, mais dans les pays occidentaux, leurs droits sont maintenant reconnus. En quarante ans la démocratie a fait un bond prodigieux à l’intérieur de la société et de la famille. La nouvelle vision du monde, devenue dominante, demande à l’homme, lui-même ravi, d’abandonner une autorité paternelle jugée sexiste et même fasciste. Pour ne pas être accusé de machisme il doit avoir une conduite opposée à ce qu’elle était il y a encore cinquante ans.     

 

L’homme qui autrefois n’était jamais certain d’être le géniteur peut encore ne jamais savoir qu’il est géniteur mais il a maintenant la possibilité de le vérifier et d’en avoir la certitude si l’enfant lui est présenté. Ce n’est, par contre, plus lui qui décide d’avoir ou pas un enfant. L’homme peut être géniteur d’un enfant sans être le « papa » et inversement il peut être papa sans être le géniteur, le « papa » étant celui qui s’occupe de l’enfant, qui lui donne l’image de l’homme et l’affection.

Avec la révolution des années 1960 c’est ce rôle de papa qui a connu la plus grande transformation. Alors qu’il était peu joué pour ne pas risquer de nuire à la fonction d’autorité, il est aujourd’hui revendiqué et pris très au sérieux. Le papa moderne se sent, en effet, très impliqué et se veut très appliqué. Il est maintenant beaucoup plus présent dès avant la naissance et tout au long de l’enfance qui se prolonge. Il sait donner de l’affection, prendre soin de ses enfants et jouer avec eux. Il apporte une touche différente de celle de la maman et d’autant plus bienfaisante qu’elle est différente. Toujours est-il que se crée entre l’enfant et le papa un attachement réciproque très fort et persistant que les papas se réclamant de la modernité savent apprécier.

 

Le papa moderne est même tellement soucieux de sortir des stéréotypes et coupable de les avoir suivis, qu’il a tendance à rejeter les valeurs dites « masculines » et à adopter les valeurs dites « féminines », dénigrées il y a encore cinquante ans. L’adulte, le père, le masculin, la raison et même la culture, assimilés à la domination masculine, ne s’imposent plus. Les caractères autrefois vénérés chez les hommes : la froideur, la rigueur, la distance, la droiture, la fermeté, la force … sont dévalorisés alors que les caractères dit « féminins » et autrefois attribués aux femmes : la sensibilité, la spontanéité, la proximité, la complicité, l’écoute, la compassion, la flexibilité, la non-violence… sont aujourd’hui idéalisés. Ces derniers nous renvoient au stade intra-utérin de l’indifférenciation, de la complétude que l’enfant perd avec la naissance et qu’il connote positivement à mesure qu’il est confronté à l’altérité, à la frustration et aux violences de la vie. Longtemps interdite, l’envie de retrouver ces plaisirs est devenue la norme et presque une raison de vivre. Il s’agit même, au nom de la liberté et du « droit au plaisir », de satisfaire ce désir qu’il est, maintenant, interdit d’interdire. La nouvelle idéologie somme même les hommes et les femmes de « lâcher prise », de développer leur versant féminin et même enfantin afin de retrouver l’harmonie.

 

L’homme qui a dû, petit garçon,  renoncer à sa référence première, se distinguer d’elle et se construire autrement est maintenant convaincu qu’il possède au fond de lui les qualités qu’il a toujours vu chez les femmes. Il est persuadé qu’il lui suffit de ne plus les brimer et de les laisser s’exprimer. S’il a du retard, celui-ci ne peut être dû qu’à son éducation sexiste. Pour le combler, il n’hésite pas à se faire aider dans son développement personnel. « L’homme nouveau » écume les stages et les thérapies pour apprendre à « être lui-même » à « retrouver sa féminité originelle ». 

 

Dans la famille, le père qui se veut moderne change son comportement et accepte les rôles autrefois réservées aux femmes. De patriarche au pouvoir absolu il devient le papa pleinement conscient de devoir partager les tâches domestiques et l’autorité parentale. Se comparant à la femme qu’il peut maintenant fantasmer librement, il est cependant assez vite mis en difficulté lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les qualités qui ne sont plus dites « féminines » mais qui sont pourtant bien celles qui étaient autrefois attribuées aux femmes. Il ne sera jamais assez sensible, authentique, spontanée, indulgent, jamais assez dans la finesse, la proximité, la compassion, il aura toujours trop de difficulté à parler, à exprimer ses sentiments… Alors que la femme était considérée comme un homme incomplet, c’est alors l’homme qui est jugé maladroit, mal éduqué. Portant le poids des millénaires de phallocratie, il se trouve d’autant plus diabolisé qu’il est rendu lui-même responsable de sa mauvaise éducation. Jouant le militant féministe, par conviction ou pour chercher à séduire, il a alors tendance à faire son mea culpa et à s’incliner pour ne pas être traité de « macho ». Culpabilisé, il a même un devoir de repentance d’appartenir à la race des hommes et presque une obligation de soin pour rattraper le retard pris sur la femme, dans « sa réalisation intérieure ». Pour atteindre un androgynat utopique, il lui est prescrit de prendre exemple sur la femme et c’est ce qu’il essaie de faire.

 

S’il a, malgré toute sa bonne volonté, encore des progrès à faire, l’homme dans la famille semble cependant se contenter de ce rôle. Il accepte de s’occuper du bien-être et de l’éducation de ses enfants qui se veut sans violence, bienveillante, respectueuse de l’enfant, mais ne voulant plus verser dans les travers du mâle dominant autoritaire et sexiste ou craignant de le faire, il se décharge assez facilement, sur sa compagne, de sa fonction d’autorité. Celle-ci ne se prive d’ailleurs pas d’exercer comme elle l’entend cette autorité à laquelle elle n’avait officiellement pas droit avant qu’elle ne devienne parentale en 1970.

 

Déjà jugé moins habile dans les soins et pour donner de l’affection par rapport à la maman, le papa moderne peut être aussi perçu par les enfants comme une personne de moindre importance, réduit à suivre une maman décidant souvent seule. Le spectacle donné aux petits enfants leur confirme ce qu’ils ont toujours perçu : que la maman qui les a mis au monde, leur a tout apporté avant et encore après la naissance et avec qui ils restent fusionnels, leur est bien indispensable et pour cela, à la fois fascinante et terrifiante ; que cette maman est bien une déesse toute-puissante qui fait ce qu’elle veut et qu’ils sont bien eux-mêmes des divinités. Face à cette maman fantasmée, le papa fait figure de subalterne au service de la maman, un serviteur aussi à leur service, qui peut être adorable mais qui ne mérite pas d’être écouté puisque c’est la maman qui dirige. L’autorité de ce papa s’en trouve considérablement affaiblie et semble même de plus en plus lui échapper.

Moins performant et ne voulant plus ou ne pouvant plus avoir d’autorité, le papa moderne a tendance à se faire discret. Il risque cependant, plus il se terre et même « s’évapore », de se voir reprocher son inefficacité, son « absence » particulièrement lorsque la maman se trouve dépassée et n’arrive plus à se faire obéir par les enfants. Les reproches, surtout s’ils sont faits devant les enfants ou simplement s’ils transparaissent, ne font alors qu’augmenter le malaise de l’homme et réduire le peu d’autorité qu’il pourrait encore avoir. S’il résiste et s’oppose, celui-ci peut même devenir, pour l’enfant, l’adversaire de la maman et donc aussi le sien. Abhorrant l’autoritarisme, il ne reste alors à ce papa que la séduction, qui fera peut-être obéir l’enfant mais qui ne permettra pas à ce dernier d’intégrer les limites.

Dans une société qui fait de l’indépendance un idéal, le papa considéré moins qualifié, peut alors devenir non indispensable quand ce n’est pas gênant ! La sanction peut être son renvoi et avec la séparation non seulement la perte presque totale de l’autorité sur ses enfants mais aussi la privation de la présence de ces derniers dont la résidence est donnée dans 80% des cas à la maman. Le malaise de l’homme prend alors des aspects dramatiques. Lui, l’homme moderne, le partisan de l’égalité qui a tout fait pour laisser une place à la femme, n’est-il pas en train de perdre la sienne ?

 

La remise en cause de la domination masculine était inévitable et il ne peut être question de revenir sur les acquis des conquêtes féministes. L’évaporation de l’homme dans la famille n’est pourtant pas inéluctable.  Le père a en effet une place dans la famille et cette place ne peut être trouvée qu’en prenant en compte la différence des sexes quand le père traditionnel la dénie en faisant de la différence féminine une infériorité et quand le père moderne la dénie tout autant en en faisant une injustice.

 

L’utilisation de la différence des sexes, par les hommes du passé, pour inférioriser « l’Autre féminin », semble avoir autorisé l’humain moderne, fasciné par l’unité et la toute-puissance, à dénier le manque incontournable. La réaction légitime contre des siècles de construction sociale sexiste non reconnue mais mis en évidence par les Etudes de Genre, fait oublier les différences biologiques et encore plus les différences de structuration du psychisme.

Il est encore impossible de montrer de façon certaine tous les liens entre la biologie et les comportements des hommes et des femmes mais les sciences commencent à mettre à jour les différences hormonales et l’influence de ces dernières. On sait par exemple que l’ocytocine qui envahit la femme dans la période de l’accouchement favorise « l’accordage »  nécessaire avec le petit enfant dans la période dite d’assertivité. On connait aussi beaucoup mieux les effets de la testostérone sur le petit garçon à la naissance et tout au long de sa vie. Boris Cyrulnik rappelle que lorsque l’on injecte de la testostérone à une femelle chimpanzé cela peut suffire à la faire changer d’objet pour jouer. Il est certes encore difficile de mesurer tous les effets produits par les taux de ces hormones sur le comportement de l’homme et de la femme mais il paraît de plus en plus difficile de les nier.

Il existe une autre différence qui n’est jamais prise en compte par les études de genre : la différence de structuration du psychisme. Etant du domaine de l’inconscient, elle est, certes, par définition non maîtrisable. Elle ne peut par contre être soupçonnée de dépendre de la culture et elle est difficile à ne pas envisager. On ne peut en effet nier que le fait de naître dans un corps de femme d’une personne du même sexe pour une fille ou dans un corps d’homme d’une personne du sexe différent pour un garçon (et ceci est totalement indépendant du lieu et de l’époque) puisse avoir un effet au moins aussi important que le fait d'offrir une poupée à une fille et un camion à un garçon. D’autre part si l’on s’accorde, avec la très grande majorité des psychologues, pour dire que les petits enfants, garçons ou filles ont pour première référence la maman et que celle-ci est perçue comme une divinité toute-puissante, on peut aussi imaginer qu’ils ne vont pas réagir pareillement si elle est petite fille, appelée à devenir comme sa maman ou s’il est petit garçon, devant trouver un modèle ailleurs. Si la petite fille peut continuer à s’identifier à sa maman avec la certitude de devenir (si ce n’est d’être déjà) toute-puissante comme elle, le petit garçon va devoir renoncer à son premier modèle et à la possibilité d’être tout-puissant. Cette castration psychique est absolument terrible. Pour la supporter, il a besoin de la refouler en se prouvant qu’il n’a jamais voulu devenir comme sa maman et qu’il n’a donc aucune raison de souffrir. Pour cela, il lui faut dénier sa fascination pour le féminin et se persuader qu’il est préférable d’être un garçon. Ceci l’amène à exhiber ses attributs masculins et à dénigrer ce qui appartient à la féminité. Si ce machisme grotesque n’a pas lieu d’être cautionné par l’adulte, il est pourtant indispensable pour l’enfant qui a besoin, à ce moment, de trouver un modèle d’homme dont il est fier pour pouvoir sortir de sa sidération de la femme et se construire différemment.

 

Il est difficile d’apporter des preuves scientifiques de cette structuration du psychisme de même d’ailleurs qu’il est impossible d’en apporter pour la construction sociale mais peut-on la nier tant elle apparaît logique ?

 

Les Etudes de genre ont permis de lutter efficacement contre la construction sociale et les discriminations sexistes mais pour éviter les discriminations,  il n’y a pas eu simplement remise en cause de la mauvaise utilisation de la différence des sexes mais dénégation de cette dernière en la présentant comme le seul résultat de la construction sociale et donc comme une injustice appelée à disparaître. Et pourtant il y a bien une différence des sexes s’expliquant à la fois par la biologie, la structuration du psychisme et la construction sociale, qu’il est nécessaire de gérer. C’est ce que veut faire le père que l’on dira adulte

 

Le père adulte qui connaît et accepte la différence des sexes,  n’a pas une vision négative de lui-même. Il assume ses tendances qu’il peut maintenant mieux comprendre et qu’il ne considère pas moindres que celles de la femme mais seulement autres. Il n’a pas peur de les mettre en œuvre et la différence avec celles de la maman permet aux enfants de se forger une image d’eux-mêmes, de l’homme et de la femme. Comme le père moderne il ne craint pas de manifester son affection sans chercher à imiter une maman. Il sait que cette proximité avec l’enfant ne nuit pas à la fonction d’autorité qu’il veut exercer sérieusement mais sans se prendre au sérieux quand il le faut et uniquement quand il le faut. Il a compris aussi que la fonction qui consiste à dire la loi lui revient non pas parce qu’il est supérieur mais parce qu’il n’est pas à la même place que la maman dans l’ordre familial.

 

Les petits enfants quel que soit leur sexe perçoivent, en effet,  celle qui leur a donné la vie comme une divinité toute-puissante et vont connaître une structuration du psychisme différente suivant qu’ils sont garçons ou filles.  Cette structuration différente du psychisme conditionne le rapport à la loi. Fantasmée toute-puissante, la maman ne peut jouer les mêmes fonctions symboliques que le père. Ce qu’elle fait et dit est toujours interprété différemment par le  tout petit enfant qui, s’il peut enregistrer énormément de sensations n’a pas encore les moyens de tout comprendre. Cette maman peut tout à fait faire preuve de sévérité. Celle-ci peut d’ailleurs être extrêmement traumatisante pour un petit garçon qui ressent l’intervention violente de la maman et même d’une femme, comme un cataclysme qui le renvoie à sa castration psychique, quand il s’est aperçu qu’il ne pourrait plus être comme sa référence première. De plus, si elle fixe seule des limites sans faire intervenir un tiers, l’enfant peut lui obéir mais cherche surtout à lui faire plaisir pour ne pas la perdre. Son but est de la copier pour rester dans la « toute-puissance » avec elle. Quand la maman veut le limiter, le petit enfant, lui n’a en fait qu’une idée : l’imiter. La demande de la maman est perçue comme un chantage affectif et il n’est de toutes les façons jamais question de loi à respecter puisque les mots viennent d’un lieu où, pour lui, la limite n’existe pas. N’entendant pas la loi, il reste littéralement « hors la loi » (contrairement à l’enfant victime de l’autoritarisme qui peut la rejeter, lui, ne la connaît pas !).

 

Le compagnon (qui n’est pas forcément le géniteur ou le papa) n’a pas mis au monde l’enfant et a « neuf mois de retard ». Il n’est pas perçu tout-puissant. Etant perçu limité, il peut faire intégrer les limites aux enfants. Pour cela il doit être lui-même dans la loi et non seulement dire la loi, décidée avec la maman, mais aussi être écouté. Et il ne le sera que s’il est nommé père par la maman en étant aimé et valorisé par elle. En consentant à se présenter comme quelqu’un qui écoute le père,  la maman entre alors dans la fonction de mère. Elle signifie à l’enfant qu’elle n’est pas toute-puissante puisqu’elle manque et qu’elle a besoin d’un autre. L’homme désigné entre dans la fonction de père. Ayant reçu l’autorité de la mère, il devient important et mérite alors d’être écouté. La loi à laquelle il se plie et qu’il se contente de dire (il ne s’agit pas de faire sa loi), sera plus facile à accepter par l’enfant. L’exemple de ses parents acceptant leur non toute-puissance (L’homme au pouvoir absolu ne peut être dans la fonction de père) permettra aussi à l’enfant de mieux assumer sa propre castration en se rendant compte que c’est possible et que cela peut même rendre heureux.

 

Il semble donc que le tout petit enfant qui ne voit pas la réalité comme l’adulte, ait besoin de ce jeu pour intégrer la loi dans les premières années (jusqu’à six ou sept ans). Ce n’est que s’il l’assimile petit enfant, qu’il pourra par la suite comprendre que la loi puisse être dite aussi par la mère et même par une autre personne. Il faut cependant savoir que de même qu’il a eu des difficultés à supporter que sa maman ait eu besoin d’un homme pour enfanter (le mythe de la vierge Marie), il résiste longtemps à admettre que sa maman avec qui il voudrait toujours fusionner puisse être limitée et dans la loi. C’est en effet, pour lui, assumer qu’il n’est pas tout-puissant alors qu’il voudrait rester l’enfant-dieu sans contrainte !  C’est pour cela qu’il reste longtemps nécessaire pour le père de manifester sa présence et, avec la mère de répéter souvent, ce qui n’est qu’un jeu mais un jeu indispensable.

 

Comme le père moderne, le père adulte peut partager les tâches avec sa compagne montrer son affection et jouer avec ses enfants. Il a en plus à jouer froidement la fonction d’autorité qui consiste à représenter la loi après avoir été nommé dans cette fonction par la maman qui a elle-même accepté de jouer la fonction de mère. En jouant leur fonction non interchangeable mais dépendante, l’homme et sa compagne se donnent un projet commun. Ils évitent entre eux la concurrence qui aboutit toujours à l’éviction d’un perdant. Ils contribuent à l’éducation de l’enfant mais aussi au renforcement des liens du couple comme à leur développement personnel.

 

 

Qu’elle soit traditionnelle, moderne ou adulte, la « paternalité » (et donc la parentalité) dépend de notre vision du monde. La paternalité traditionnelle est aujourd’hui difficilement acceptable en démocratie. La paternalité moderne amenée par la contestation libérale, démocratique et féministe, semble aujourd’hui faire l’unanimité en apportant la liberté et l’égalité. Elle nous fait cependant connaître aujourd’hui une véritable crise d’adolescence avec notamment une prolifération d’enfants-dieux difficiles à gérer dans la famille, à l’école, dans la société toute entière. Alors, après l’enfance et l’adolescence, n’est-il pas temps d’avancer et de passer à l’âge adulte ?

 

 

« Paternalité » : façon de devenir, de se sentir, de se montrer père

 

 

 

 

Jean GABARD 

Auteur de « Le féminisme et ses dérives – Rendre un père à l’enfant-roi »,

Les Editions de Paris Max Chaleil, réédition novembre 2011

 

 

Jean GABARD

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