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29/06/2008

« Monsieur fait sa crise »

 

« L’ouvrage de Jean Gabard, riche et exigeant, mais très accessible

grâce à une écriture alerte, s’avère très stimulant

pour le lecteur soucieux de mener une réflexion

sur le bien commun et l’avenir de notre société. »

( legraindesable 04 juillet 2006)

 

 

 


Suite à l’émission « A vue d'esprit »
de la Radio Suisse Romande
du lundi 23 au vendredi 27 juin 2008
intitulée « Monsieur fait sa crise »
et à laquelle j’ai participé le lundi 23 juin,

et que vous pouvez écouter sur :
http://www.religions-rsr.ch/fmi/xsl/rsr/rsr_ave_ant.xsl?-db=ReligRSR&-lay=web1&dat_sem7=06/29/2008&-find 

voici les courriers que j’ai envoyés à Monsieur Pierre Yves Moret qui m’a interviewé.


Monsieur Pierre-Yves Moret
Je n’ai pas écouté la totalité de l’émission « Monsieur fait sa crise », mais j’ai pu en apprécier la qualité et, encore une fois, la pertinence de vos questions.
Je regrette cependant que le commentaire qui a suivi mon interview ait un peu déformé ma pensée.
Votre collaboratrice dit, après que vous ayez présenté l’autre point de vue d’Alexis Burger : « … une vision de l’identité du père qui au lieu de retourner à un avant mai 68, essaierait de construire un après mai 68 en essayant de joindre ces deux éléments d’autorité et d’affectivité. »
Il me semblait pourtant avoir été assez clair pour dire qu’il n’a jamais été question pour moi de revenir en arrière. Je ne voudrais pas critiquer ce que propose Alexis Burger qui ne peut pas me répondre, mais il me semble qui si sa position n’a rien non plus de réactionnaire, elle est par contre, comme celle de nombreux féministes, totalement conservatrice en restant, quarante ans après, dans l’idéologie de mai 68. J’ai au contraire pour projet d’avancer, de « Changer de direction sans retour en arrière » (C’est le titre de la dernière partie de mon livre), de sortir de la crise d’adolescence et de la confusion pour passer à l’âge adulte.
N’est-il pas regrettable qu’avec la pensée dominante actuelle, il devienne impossible de sortir de ce manichéisme qui consiste à considérer comme réactionnaire toute critique de la société actuelle, comme si cette évolution était inévitable, la seule possible, comme si c’était la solution démocratique idéale. Est-ce une façon de se défendre quand il n’y a pas d’autres arguments à opposer ou une incapacité à concevoir que le féminisme puisse aussi se tromper ? Si c’est le cas n’ai-je pas raison de dire que cette vision du monde devient une idéologie ?
Une idéologie a pour particularité de se préoccuper davantage de maintenir ses dogmes que de favoriser la réflexion. En traitant de réactionnaire toute personne qui remet en cause certains points de la vision du monde féministe, ne risque-t-on pas de tomber dans cette dérive « stalinienne » ?
Non seulement je ne veux pas revenir à « un avant mai 68 », mais je propose d’inventer une autre façon de jouer la fonction de père associée à celle de papa (« en essayant de joindre ces deux éléments d’autorité et d’affectivité »). Alors qu’avant mai 68, il y avait souvent autorité sans affectivité, il y a souvent maintenant affectivité sans autorité. Les adeptes de l’idéologie soixante-huitarde et féministe ne brandissent plus le slogan « il est interdit d’interdire » et peuvent souhaiter qu’il y ait autorité, mais celle-ci devient impossible quand, au nom d’un droit à l’égalité, qui n’a jamais existé (il ne peut y avoir qu’égalité en droits), ils restent dans la négation de la différence des sexes et donc de la différence des fonctions de mère et de père. C’est ce que j’essaie d’expliquer dans mon essai et dans mes conférences. C’est ce que je vous aurais dit si vous m’aviez posé la question. Mais je n'en ferai pas une crise... et ce sera peut-être le sujet d’une autre émission ! …
Bravo encore pour la qualité de votre émission.
Très cordialement
Jean GABARD

 

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J’ai écouté les cinq émissions de A Vue d’Esprit de la Radio Suisse Romande intitulées « Monsieur fait sa crise » et particulièrement l’interview de Mr Christian Schiess. Celui-ci est présenté comme un scientifique spécialiste des questions relatives aux hommes, mais suffit-il d’être sociologue pour intervenir comme scientifique. En effet n’y a-t-il pas une grande différence entre le scientifique qui cherche et ne sait pas ce qu’il va trouver et celui qui cherche des arguments pour justifier ses croyances et ses revendications ?

Mr Christian Schiess fait preuve d’une grande culture pour défendre une idéologie, certes dominante, qui, au nom d’une certaine idée de l’égalité, dénie la différence des sexes. S’il s’en sort très bien pour nous montrer qu’il y a eu et qu’il y a encore une domination masculine (qui peut le nier ?), et qu’il y a construction sociale (qui peut le nier ?), il n’apporte pas de preuve que les identités masculine et féminine ne sont que le fruit de cette construction. Il n’arrive pas à nous persuader qu’il n’y a pas, en plus de la différence physiologique et de la construction sociale, une structuration du psychisme différente. Il n’essaie d’ailleurs même pas tant il est persuadé qu’elle ne doit pas exister. Comment le pourrait-il d’ailleurs, puisque celle-ci se fait dans notre inconscient et que celui-ci par définition nous échappe ? Mais est-il raisonnable, parce que celui-ci ne peut être maîtrisé, de l’ignorer ? D’autre part, suffit-il de montrer les erreurs de mouvements opposés pour prouver que son idéologie est la bonne ?

 

10:40 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Bonjour,

Je n'ai pas (encore) lu votre livre mais je trouve votre réflexion intéressante et j'aurais beaucoup de réflexions, trop pour un seul message , en voici donc une première :
Vous posez comme postulat que les hommes et les femmes devraient absolument vivre ensemble alors que la nature a inventé la sexualité parceque c'était une stratégie gagnante dans le processus de sélection naturelle et a doté le male de pulsions qui le "forcent" à se rapprocher de la femelle. Appliquée à une espèce évoluée et consciente cette stratégie a des limites qui n'étaient pas atteintes notamment tant que les rôles étaient suffisamment différenciés pour que le bénéfice de la situation incite le male à remplir son rôle.
Je suis très synthétique donc pour dire les choses autrement : avec l'évolution des rôles et la perte des fonctions de protecteur et de "fournisseur" du male , le rôle du masculin s'est singulièrement réduit .
L'homme dévalorisé n'est plus aussi utile à la femme qui peut légitimement se poser la question de son intérêt comme le font les féministes extrêmistes.
De son coté comment l'homme réagit il ? Vous en donnez quelques aspects, mais la société canadienne me parait intéressante à observer car les acquis du féminisme sont plus importants que chez nous.
L'exemple canadien montre que les hommes se tournent vers les substituts aux relations avec les femmes.
Quid des pères dans tout cela ?
Pour l'homme, lorsqu'il a le choix, devenir père s'inscrit dans un projet de transmission intergénérationnelle et de devenir de l'espèce humaine.
Etant donné les évolutions sus-citées, le père a du plomb dans l'aile.

Écrit par : noem.midipy | 03/11/2009

« Le père a du plomb dans l’aile » aujourd’hui avec notre conception des relations hommes-femmes qui reste dans la réaction contre l’idéologie de la société patriarcale traditionnelle. Mais ceci n’est pas une fatalité !

Après le nécessaire rejet, il faut maintenant essayer de récupérer le bébé lancé avec l’eau sale du bain !

Ce n’est pas parce que le père a perdu ses fonctions de protecteur et de fournisseur que celui-ci ne doit plus avoir de fonctions à jouer.

Contrairement à l’idéologie dominante actuelle qui dénie la différence des sexes, je ne pense pas que l’homme puisse éviter « le manque de femme » et que la femme puisse éviter « le manque d’homme » – et heureusement !
Si l’homme et/ou la femme pensai(en)t pouvoir se passer de l’autre différent, ce serait vraiment dommage et dommageable pour l’un et l’autre !

Et pour pouvoir vivre des relations saines avec l’autre différence, il ne faut pas, comme avant, considérer la différence féminine comme inférieure ou considérer qu’il n’y a pas de différence, ce qui la plupart du temps, aujourd’hui, est une façon perverse de dire que la différence masculine est un défaut.

Vivre des relations saines avec l’Autre différent devrait consister à concevoir la différence pour pouvoir l’assumer et ensuite créer les règles pour pouvoir jouer avec l’Autre en le respectant.

Écrit par : Jean Gabard | 05/11/2009

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