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05/02/2007

Quelques extraits du livre

Ainsi en s’attardant, avec compassion, sur le manque de motivation des élèves et en s’acharnant à réformer pour qu’ils en aient, il leur est donné des raisons de ne pas en avoir et ainsi de ne pas travailler tant qu’ils n’en n’ont pas. 

 

 

 

Alors que les parents attendent de bons résultats scolaires, ce que certains enfants perçoivent, à la maison, dans les médias, à l’école même, justifie leur manque de motivation. Il leur est paradoxalement demandé de travailler alors qu’on leur donne raison de ne pas en avoir envie : s’ils ne travaillent pas, ils ont tort parce qu’ils n’obéissent pas et s’ils travaillent et respectent l’enseignant, ils ont tort parce que celui ci ne mérite pas d’être écouté. Tout se joue comme s’il leur était ordonné de désobéir ! Dans cette situation ambivalente, ces élèves se trouvent alors confrontés à une injonction impossible à honorer et totalement perverse. 

 

 

 

Les limites posées par l’adulte paraissent toujours violentes et castratrices pour l’enfant qui n’attend que plaisir. Pourtant, de même que le torrent magnifique a besoin d’être freiné par un barrage et canalisé pour ne pas tout dévaster et rendre service, l’enfant doit apprendre à accepter les contraintes et assumer sa non toute-puissance. Françoise Dolto, disait que là où il y a frustration, il y a ailleurs, dans un autre domaine, gratification. En effet non seulement « la recherche du plaisir est toujours accompagnée de souffrance » [1], mais savoir accepter que celui-ci puisse ne pas être toujours au rendez-vous est la seule solution pour pouvoir connaître la joie. Lacan disait même que « la loi n’est pas faite pour nous frustrer, mais pour nous obliger à jouir ». Elle donne les règles du jeu et « il n’y a rien de plus important à faire ici-bas que de jouer » [2] à condition de le faire non pas comme les enfants, pour gagner avant ou après la mort, mais comme des adultes pour qu’il y ait jeu, pour qu’il y ait vie avant la mort. 

 

 

 

     En faisant alliance volontairement, l’homme et la femme peuvent décider de jouer ensemble leurs partitions respectives. L’humour accompagnant leur pratique devrait leur permettre de ne pas basculer dans la rigidité et de ne pas oublier d’autres rôles.

 

     De même qu’il ne faut pas confondre pouvoir et tyrannie, il ne faut pas confondre rigueur et rigorisme. Si les parents et particulièrement les pères doivent savoir se montrer forts, il ne s’agit pas de se figer dans la sévérité.

 



[1] Krishnamurti, Se libérer du connu, Stock, 1973.

[2] Boris Cyrulnik.

18:10 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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