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31/01/2011

place à la critique

 

Je l'ai toujours dit: les hommes sont égaux. Il n'y a de véritable distinction que la différence qui peut exister entre eux. 

Henri Monnier  (1799 – 1877)

 

 

Place à la critique

Je ne suis pas psychologue, je ne suis pas psychanalyste, je ne suis pas psychothérapeute. Je ne suis pas sociologue pas plus que médecin. Je ne suis pas universitaire et je ne suis même plus enseignant…

Je ne suis qu’un homme (faut-il montrer un certificat ?) qui s'est intéressé très tôt au problème de l’éducation (à six ans je voulais devenir instituteur). Devenu enseignant assez tard, après avoir voulu "découvrir le monde", j'ai fait des recherches sur les rapports élèves-enseignants, enseignants-parents,  enfants-parents, pères-mères, hommes-femmes ...  N'ayant pas besoin de diplome, je ne suis devenu spécialiste d'aucune discipline, mais par des approches très variées : psychologique, psychanalytique, philosophique, historique, sociologique, biologique, neurologique …, je me suis spécialisé (s'il est possible de le dire), dans ce domaine très vaste et passionnant qu’est l’éducation des enfants et les relations hommes/femmes.

Et ce sont les thèmes que j’aborde dans l’essai que j’ai écrit et dans les conférences-débats que j’anime.

 

Effectivement je ne suis pas un spécialiste.

Mais n’étant pas un spécialiste, et ayant une approche pluridisciplinaire, je peux transmettre, avec le recul (comme je le faisais dans les classes de collège et de lycée où j’ai enseigné) ce que j’ai reçu de spécialistes, en essayant de me faire comprendre de tous les hommes et les femmes, parents ou futurs parents, qui se sentent concernés par le sujet et qui ne sont pas tous des spécialistes.

 

Je suis très mal placé pour juger ce que je propose.

C’est la raison pour laquelle je préfère laisser la parole à des personnes qui ont lu l’essai et/ou suivi les conférences.

A propos de l’essai

  

Le grain de Sable

L’ouvrage de Jean Gabard, riche et exigeant, mais très accessible grâce à une écriture alerte, s’avère très stimulant pour le lecteur soucieux de mener une réflexion sur le bien commun et l’avenir de notre société

Fabrice Trochet   Le Grain de Sable 2006   http://www.legraindesable.com

 

Le Lien Social

 

Est-il possible d’apporter une critique au féminisme, sans prendre le risque d’être traité de phallocrate réactionnaire ? C’est dans cette tentative que se lance Jean Gabard avec habileté. On trouvera toujours ici et là une affirmation qui, sortie de son contexte, pourra déclencher l’ire des bonnes consciences. (…)
Pour autant, l’idée développée par l’auteur est tout à fait intéressante. (…)

 

Jean Gabard ne revendique pas un retour à un passé ouvertement patriarcal. Il condamne fermement le machisme. Simplement, il constate que l’idéologie féministe a provoqué des dérives tout aussi destructrices. À vouloir assimiler la moindre asymétrie à une forme de domination, elle en est venue à nier toute spécificité féminine ou masculine et à transformer le père en un vague assistant maternel un peu encombrant et pas toujours très utile. L’auteur en appelle à sortir de la fusion/confusion qui marque la relation homme/femme, père/mère et parents/enfants et de la substitution de la raison par l’émotion.

 

Jacques Trémintin   Le Lien Social n°857 du 18 octobre 2007 

http://www.lien-social.com/spip.php?article2048&id_gr...

 

Association des Professeurs de Lettres

Jean Gabard ne se contente pas de faire le procès de la défaillance de l’éducation au sein de la famille, du retour de certaines idéologies, du poids de certaines cultures. Il est de ceux qui, ne se satisfaisant pas d’explications sociologisantes ou historicisantes, ont l’ambition de chercher dans l’évolution de notre civilisation elle-même les causes d’un malaise dont on sait, de fait, qu’il ne concerne pas seulement l’enseignement, mais l’éducation, qu’avec lui est en question l’acculturation des futures générations. On le voit bien lorsqu’il traite du machisme. Pointant le fait qu’il n’est pas aussi codifié que jadis, qu’il n’est pas autant hérité, attirant l’attention sur la disparition des rites d’initiation, il met en évidence, des différences  notoires avec le machisme traditionnel, « qui se transmettait par imitation ». On voit par là que l’auteur ne se contente pas de rejeter la faute sur la société. Faisant plus que flirter avec la sociologie et la psychanalyse, il met en avant des questions quasi-anthropologiques sous-jacentes à ces questions de société dont on nous abreuve et dont on veut nous faire croire qu’elles expliquent les maux dont souffre l’institution. Le sous-titre du livre rend donc beaucoup mieux compte de son propos que son titre, qui pourrait faire croire un lecteur pressé que c’est un ouvrage polémique.

Michel Serceau    Association des Professeurs de Lettres 

Bulletin n°119 sept-oct 2006

 

Amazon

Je suis enchanté par ce livre. Son titre peut faire peur mais il a le mérite d'expliquer l'évolution de la place des femmes dans notre société au travers des époques, les modèles de familles (patriarcales et matriarcales), leurs atouts et inconvénients, l'influence de Mai 68 sur la société française, la place des femmes et des hommes aujourd'hui, leur rapport avec les enfants et surtout leur influence...

Bref si vous cherchez à comprendre votre couple, si vous cherchez à comprendre le modèle familiale, si vous avez des enfants, si vous êtes féministe ou anti-féministe, ce livre synthétise de nombreuses informations qui sont de plus renforcées par des références à Pascal Bruckner, Aldo Naouri et bien d'autres.

Par wavushujaa "wavu" (Paris, France) www.amazon.fr

 

 

 

 

A propos des conférences-débats :

Narbonne Apeser

La conférence du 23 mai a connu un vif succès. Jean Gabard a expliqué son analyse devant plus de 50 personnes. L'humanité après avoir connu l'enfance avec la rigidité du système patriarcal, est entrée en opposition dans une adolescence agitée. Elle a gouté au féminisme, remettant en cause les principes de son enfance. A présent il lui reste à trouver un juste milieu et un milieu juste afin que hommes et femmes, pères et mères trouvent leur place avec harmonie. En fait, l'humanité doit simplement entrer dans l'âge adulte, raisonnable et responsable; tout cela pour le plus grand bien du développement de ses enfants.

Un grand merci à Jean Gabard pour sa sympathique et enrichissante intervention et pour son aimable participation.

Association Apeser  (Aide parentale d’Ecoute Soutien Echange et Reflexion  http://apeser.canalblog.com  ) Narbonne conférence du 23 mai 2008

 

Romans  Le Dauphiné Libéré

Au nom du père

Du paléolithique à nos jours, Jean Gabard en conférence à la médiathèque, a retracé le parcours du père au sein des familles : son rôle, sa fonction et de fait, ceux des mères. Professeur d’histoire et géo, s’intéressant à la psychologie, Jean Gabard a écrit un essai intitulé « Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté ». Un titre faussement provocateur mais accrocheur, cet ouvrage traitant d’abord de l’éducation des enfants.

Un débat apprécié

Loin de ranimer la guerre entre les sexes, Jean Gabard face à son public s’est notamment interrogé sur l’après-68, se demandant si la nécessaire émancipation des femmes n’a pas relégué l’homme, et donc le père, au second plan ! Poussant sa réflexion jusqu’à se demander si cette égalité entre les sexes n’a pas purement gommé la différence incontestable entre homme et femme. Une vision historique pour prendre du recul et une réflexion appréciée « sur une société qui tarde à sortir de l’adolescence ».

Le Dauphiné Libéré du samedi 20 janvier 2007  conférence du jeudi 18 janvier 2008 à Romans

 

 

 

Bruxelles  Murielle Lona   blogfoodforthought

Intriguée par le titre du livre de Jean Gabard, “Les féminisme et ses dérives : du mâle dominant au père contesté”, je décide d’approcher son auteur. Un feeling, en tant que femme et maman, qui me dit : “Vas-y, cet homme a des choses intéressantes à nous transmettre”.

Jean Gabard : il n’a écrit qu’un livre, mais quel livre! En France, certaines de ses conférences sont annulées. Pourquoi? Sans doute suite à certains groupes de pression. En Belgique, l’année passée en octobre, sa présence au colloque international “Paroles d’Hommes” a soulevé pas mal de tollé. En y regardant de plus près, une question a été posée à la Ministre  de la Région Bruxelloise, Madame Grouwels, sur le financement de cette conférence. L’argent, toujours l’argent!

Malgré cette opposition,  je décide d’inviter et de maintenir la rencontre avec Jean. D’emblée, je suis conquise par le personnage. Jean est tout à fait différent de l’image que j’avais de lui. Homme calme, posé, clair, assez réservé. Même pas un réactionnaire comme certains voudraient le faire croire.  Bien sûr, il a, à son passif, son manque d’expertise reconnue par un diplôme. Ce n’est pas un sociologue, ni un psychologue, ni un pédiatre. C’est tout simplement un homme, avec un coeur ouvert aux autres, qui s’intéresse à l’avenir de son prochain et donc aux enfants. Bien sûr qu’il s’intéresse aux enfants puisqu’il est lui-même prof. Prof de géo et histoire dans une école française de tout haut niveau. Prof, cela veut dire à l’écoute !

Un cas particulier, un homme qui s’intéresse tellement aux femmes (heureusement pour lui!) qu’il va même étudier le féminisme et son histoire! Ne serait-il pas un peu kamikaze? Est-ce un réactionnaire, un contestataire? Pour l’instant, il est plutôt.. contesté. Son message pourrait déranger! Qui? en tout cas, pas moi! Même si je suis une femme, je ne suis pas tombée dans le panneau du féminisme. Je revendique la complémentarité, la différence et non l’égalité!

Je revendique une société juste, qui donne sa chance à chacun. Une société qui permette à l’individu de s’épanouir et de réaliser ce qu’il veut vraiment. Une société qui prône la liberté, le droit à la différence. Une société qui arrête de juger. Une société tolérante!

Le Mess, un mercredi soir de printemps…. Une trentaine de personnes présentes pour écouter le discours de Jean Gabard.  Une ambiance d’emblée amicale. Une verre de champagne à la fraise détend l’atmosphère. Jean Gabard boit-il souvent du champagne à la fraise avant de s’adresser à son public? Certainement pas!  (…)

Une soirée riche en réflexions et en prise de conscience. Un Jean Gabard étonnant, pas du tout réactionnaire et des participants tous très impliqués et concernés par ce message….Des participants heureux d’échanger dans la convivialité!

J’espère que cette soirée aura des répercussions et qu’elle suscitera une prise de conscience. Une goutte d’eau plus une goutte d’eau, c’est comme cela que l’on fait les grandes rivières!

Murielle op Sunday 17 May 2009
http://www.blogfoodforthought.be conférence Bruxelles le 13 mai 2009

 

Evry Université du Temps Libre de l’Essonne

 

COMPTE- RENDU DE LA CONFERENCE DE MONSIEUR JEAN GABARD  

 

Auteur :  Michèle MARTIGNON

Responsable de la Commission des Sciences Humaines

1ère Vice-Présidente de l’UTL Essonne 

 

Monsieur Gabard est intervenu à l’UTL  d’Evry le 28 janvier 2010, dans le cadre de la première conférence polémique que nous souhaitions mettre en place.

Sa conférence, intitulée  « les dérives du féminisme : du mâle dominant au père contesté »,  a pleinement atteint ce but:  
 

-Le fond 

Nous nous attendions à une approche sociologique et ce fut plutôt une approche psychologique, qui a suscité, dans un premier temps, la contestation de certains de nos adhérents. A la réflexion, plusieurs d'entre eux ont eu  l'honnêteté de reconnaître ultérieurement que Mr Gabard avait frappé là où cela leur faisait le plus mal, mettant en oeuvre une forme d'introspection à laquelle ils ne s'attendaient pas. Le tout, finalement à leur bénéfice. 

Par ailleurs, les adhérents compétents de par leur formation en psychologie ont certifié que les théories qu'avance Mr Gabard sont parfaitement validées par les milieux autorisés. 

-La forme 

Fut néanmoins inattendue. Compte tenu des interventions de Mr Gabard dans différents médias de premier plan et eu égard à l'essai qu'il a publié sur le thème du féminisme et de ses dérives, nous avons généralement trouvé qu'il avait un peu trop simplifié son langage face au public mûr,  averti et intellectuellement curieux qui est le nôtre. Il en a convenu.  

Au jeu des questions/réponses, il nous a d'ailleurs prouvé, face à la qualité des propos des adhérents, que la langue universitaire lui était familière, en changeant immédiatement de registre, pour adopter celui que nous attendions.  
 

En conclusion:  

Mr Gabard s'attache à parler sans notes, facilement, ce qui est plaisant. Une fois acceptée l'approche psychologique, la problématique de son intervention est intéressante. 

Notre UTL, en lui demandant de veiller à lui offrir le même haut niveau d'expression que celui dont il use avec les médias, a choisi de lui faire confiance pour deux conférences en 2010-2011. 

J'ajouterai que Mr Gabard est d'un abord agréable qui facilite la discussion.

Et que certains adhérents ont souhaité prolonger leur réflexion en se procurant  son ouvrage. 
 
 

                                                                                 Evry, le 20 mai 2010

Conférence donnée à Villabé le 28 janvier 2010 pour l’Université du Temps Libre de L’Essonne

 


 

 

Que ceux et celles qui ont lu le livre et suivi une conférence ajoute leur jugement critique. Merci d’avance

23:35 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Le vendredi 3 juin, j'ai assisté au débat "Le féminisme et ses dérives."
J'en suis très déçu, Jean Gabard développe des idées qui sont probablement indignes du Kotopo, et des cafés repère de là-bas si j'y suis. J'ai du mal à comprendre sur quels éléments concrets autres que ses divagations, l'intervenant repose ses théories. Outre le fait que je doute que la femme "ait à un moment donné, conscience de sa toute puissance", je m'étonne qu'une personne qui dit "avoir participé à une révolution libertaire et féministe" et qui prétend combattre la domination d'un genre sur un autre puisse "déplorer la crise d'autorité" ou "la perte de la fonction du père" ; d'ailleurs, faut-il les associer ? Voilà qui serait lourd de sens !
Pendant que papa fronce les sourcils, quel est le rôle de maman ? Que fait-elle (comme efforts) ?
Mais de quoi pourrions-nous nous attendre face à un homme qui s'emploie à symboliser "le rôle" ou "la fonction du père" ? Ces mêmes symbolisations sont dénoncées par les féministes depuis des années.
De fait, Monsieur Gabard s'oppose à l'homoparentalité ... au nom de perte de repère chez l'enfant ... Mais sans doute que ces enfants sont plus déstabilisé-e-s par le regard d'une majorité de la population portant les mêmes préjugés que monsieur Gabard.
On se perd quand Jean Gabard nous met en garde contre un retour en arrière et qu'il affirme s'opposer à "une dérive féministe qui nous conduirait à une crise de société". Cette dérive interviendrait bien évidemment peu après que les femmes aient eu un peu plus de droits et d'autonomie... Autres remarques : monsieur Gabard par certaines de ses élucubrations laisse entendre que le patriarcat serait derrière nous ; (puisque aujourd'hui ?) "la confusion est possible entre les genres et que cela entraîne un malaise auprès de nombreux enfants". De quels malaises parle-t-il, sur quels éléments s'appuie-t-il ? Pour Monsieur Gabard, l'homme et la femme sont de nature différente et l'on ne peut nier celle-ci. Ce qui justifierait qu'ils n'aient pas les mêmes rôles. Au nom de ces différences anatomiques, on voudrait attribuer "des rôles"...
Sans doute à l'époque de notre ancêtre Cro-magnon, l'homme au physique imposant obtenait ce qu'il voulait au dépit des autres de sa tribu, mais heureusement les rapports ont changé et notre société a évolué. C'est précisément pour cela que nous faisons des débats, de la philosophie, sociologie et autres sciences humaines. Quand bien même si la nature "semblerait" prêter caution à des injustices, il ne tient qu'à nous de tenter de les abolir. Mais qu'importe, s'il faut citer des preuves, nous pouvons en trouver des plus sérieuses que celles de monsieur Gabard avec des études sociologiques ou scientifiques :
citons Catherine Vidal et non "Christine Vidal" mais pas pour la dénigrer (comme cela fut fait) car elle démontre l'influence de la construction sociale sur la structuration du cerveau par des travaux, qui eux, sont basés sur des preuves scientifiques. Citons Christine Détrez pour son analyse de cette construction sociale car c'est par l'influence de cette dernière qu'un genre va développer des qualités supérieures à un autre. Il y aurait encore beaucoup à dire sur les inepties développées par ce monsieur.
Et merci, malgré tout pour votre attention.

Symboliser un collectif ou un concept est le vecteur même de la hiérarchisation de la société.
La nation, la religion, le mariage (si l'on se réfère à son histoire) sont des symboles qui sont censés conduire les individu-e-s à une implication susceptible de donner du sens, un sens supérieur à leurs propres vies. Au nom d'un rôle ou de la pérennité et de la cohésion familiale, le patriarcat implique la femme derrière le confort de l'homme.
Catherine Vidal : Hommes, femmes avons nous le même cerveau ? petites pommes du savoir, le pommier éditions.
Détrez (Christine), Simon (Anne), A leur corps défendant : les femmes à l'épreuve du nouvel ordre moral, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2006, 360 p., ISBN : 2-02-079294-X.
Détrez (Christine), La construction sociale du corps, Paris, Seuil, coll. « Points

Écrit par : Vial Vincent | 22/06/2011

Bonjour et merci de votre commentaire.

Le 3 juin le Kotopo à Lyon m’a invité à venir animer un débat sur le thème « Hommes/Femmes, quelles différences ? » et j’ai effectivement abordé la dénégation de la différence des sexes qui me semble être une dérive d’une des idéologies féministes. (« Le féminisme et ses dérives » est le titre de mon essai – « Du mâle dominant au père contesté » en est le sous-titre)

Je ne vois pas en quoi ces idées seraient des « divagations », des « élucubrations », des « inepties » et en quoi elles seraient indignes du Kotopo ? N’y aurait-il pas au contraire des raisons d’être surpris, si un lieu d’échange aussi convivial que le Kotopo se mettait à défendre la pensée unique ?

Le Kotopo organisait un débat et le débat à eu lieu. Des idées différentes ont pu s’exprimer. L’échange m’a paru très court mais a quand même duré assez longtemps. Une grande partie des participants n’avait d’ailleurs pas l’air de s’en plaindre... De plus, il s’est déroulé dans la bonne humeur et le respect de la pensée des autres.

Exposer une question aussi complexe en moins d’une heure est difficile. Il se peut aussi que je me sois mal expliqué. Je vais donc essayer de répondre à vos interrogations.

D’abord je ne développe pas de théories. Quand il s’agit de l’humain, il est difficile de se baser toujours sur du concret et de pouvoir affirmer. C’est pourquoi je n’avance que des postulats.

Un de ces postulats est la toute-puissance fantasmatique de la femme. Je n’ai jamais dit que la femme avait « à un moment donné, conscience de sa toute puissance ». Si elle est fantasmatique ceci veut dire qu’elle n’existe pas réellement et que la femme peut très bien ne pas en avoir conscience.

Vous dites : « je m'étonne qu'une personne qui dit "avoir participé à une révolution libertaire et féministe" et qui prétend combattre la domination d'un genre sur un autre puisse "déplorer la crise d'autorité" ou "la perte de la fonction du père" ; d'ailleurs, faut-il les associer ? Voilà qui serait lourd de sens ! Pendant que papa fronce les sourcils, quel est le rôle de maman ? »
Je ne vois pas en quoi il y a contradiction entre le fait de combattre la domination d’un genre sur un autre et déplorer la crise d’autorité ou la perte de la fonction du père (qu’il faut à mon avis associer). Bien évidemment je ne regrette pas que l’on se soit débarrassé des rôles traditionnels attribués aux hommes et aux femmes mais je déplore que l’on ait « jeté le bébé » que constituent les fonctions symboliques « avec l’eau du bain ».

Vous dites que « ces mêmes symbolisations sont dénoncées par les féministes depuis des années » et c’est bien là que se situe la dérive !

Vous dites encore : « l'homme et la femme sont de nature différente et l'on ne peut nier celle-ci. Ce qui justifierait qu'ils n'aient pas les mêmes rôles. Au nom de ces différences anatomiques, on voudrait attribuer "des rôles"... Sans doute à l'époque de notre ancêtre Cro-magnon, l'homme au physique imposant obtenait ce qu'il voulait au dépit des autres de sa tribu, mais heureusement les rapports ont changé et notre société a évolué. C'est précisément pour cela que nous faisons des débats, de la philosophie, sociologie et autres sciences humaines. »

Plus précisément, c’est après l’homme de Cro-Magnon, au Néolithique, que l’on a voulu (et on l’a fait) attribuer officiellement des rôles sociaux aux hommes et aux femmes. Comme vous le dites justement, la société a évolué et elle a bien fait de remettre en cause ces rôles. Mais l’évolution continue… Nous ne sommes plus en 1968 et de plus en plus de personnes (dont je fais partie) faisant « des débats, de la philosophie, sociologie et autres sciences humaines » remettent en cause maintenant la négation des fonctions symboliques sans vouloir pour autant faire une hiérarchisation. J’ai, il me semble bien expliqué que ces fonctions de père et de mère étaient interdépendantes et aussi importantes l’une que l’autre.

J’ai dit de Catherine Vidal que ses travaux démontrant l’importance de la construction sociale sur le développement du cerveau étaient scientifiques. Il y a des preuves (et comment pourrait-il en être autrement ?) et j’en suis convaincu depuis les années 1970. Je conteste par contre ses déductions qui ne sont plus scientifiques mais féministes (du genre). En effet Catherine Vidal n’a aucune preuve et pourtant elle affirme que cette construction sociale est la seule cause de la différence de comportements entre les hommes et les femmes. Je pense personnellement (et avec d’autres) que le fait d’être né d’une personne du même sexe ou du sexe différent (et ceci est toujours vrai pour des filles et des garçons, quelle que soit la culture), structure différemment notre psychisme. Il n’est certes pas possible d’apporter la preuve de ce qui se passe dans notre inconscient, mais là encore comment nier que ceci puisse influencer nos comportements ? Comment pourrait-il aussi en être autrement ?

La volonté des féministes du genre de mettre fin aux injustices dont sont victimes les femmes est certes très louable et je la partage entièrement mais inventer des théories (qui ne sont en fait que des postulats) pour présenter « les femmes toujours victimes et les hommes toujours coupables » ne me semblent pas être une méthode appropriée pour améliorer le « vivre ensemble ».

« Mais sans doute que ces enfants sont plus déstabilisé-e-s par le regard d'une majorité de la population portant les mêmes préjugés que monsieur Gabard. »
Ne seriez-vous pas en train de confondre homoparentalité et homosexualité, opposition à l’homoparentalité et homophobie ? De quels préjugés parlez-vous ? Je m’efforce de respecter tout individu qu’il ait des pratiques homosexuelles ou hétérosexuelles. Je ne pense d’ailleurs pas que la plupart du temps l’on choisisse. Je ne suis par contre pas très favorable au mariage homosexuel et à plus forte raison à l’adoption d’enfant par des couples homosexuels. Je ne suis pas certain qu’il y ait un droit à avoir des enfants. Je pense plutôt que les enfants ont le droit de vivre avec un père et une mère.

Alors, je sais, des milliers d’enfants vivent sans père ou sans mère et certains semblent bien s’en accommoder. Je sais aussi qu’une personne seule est autorisée à adopter. Mais est-il obligé de faire une deuxième aberration parce qu’une première existe déjà ? Vous viendrait-il à l’idée de couper un bras à votre enfant à la naissance parce que des milliers d’enfants vivent très bien en en ayant qu’un seul ?

Bien évidemment si vous ne croyez pas aux fonctions symboliques et pensez qu’une mère ou un père, c’est exactement la même « chose » pour l’enfant, votre position est alors logique. Mais permettez-moi de penser autrement …

Écrit par : Jean Gabard | 23/06/2011

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