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05/08/2006

La castration

"Si la castration est le fait de devoir renoncer à la toute-puissance fantasmatique, la femme ne peut "castrer" un homme qui l'a déjà été quand il s'est aperçu qu'il n'était pas une femme et donc qu'il ne pourra jamais être comme elle est vu dans l'inconscient de tout humain : toute-puissante. Par contre en s'opposant violemment à l'homme, la femme peut réactiver la cicatrice de la castration. La violence de la femme perçue toute-puissante face à un homme castré mais ayant des difficultés à l'assumer, peut être alors terrible. C'est pour cette raison que pendant des siècles les règles de vie demandaient aux femmes de ne pas s'opposer directement aux hommes et même de leur parler à voix douce et en baissant les yeux. Les hommes en ont profité pour se croire supérieurs. Pourtant cette règle était faite pour tenir compte de leur fragilité psychique, de la même manière que les règles demandaient aux hommes de ne pas être brutaux et même d'être galants avec les femmes pour tenir compte de leur plus grande fragilité physique. La femme ne peut castrer l'homme qui l'est déjà, l'homme peut castrer "La femme" pour qu'elle devienne vraiment une Femme, à condition qu'il le fasse avec amour et avec son accord.
Dans mon livre: Le féminisme et ses dérives. Du mâle dominant au père contesté, (aux Editions de Paris) je dénonce une idéologie féministe qui, parce qu'elle avait raison de combattre le machisme se croit obligée de ne pas tenir compte de la différence des sexes et de ne pas respecter certaines règles de comportement nécessaires."

 La castration a aujourd’hui une connotation négative. Elle est souvent synonyme de non respect et même de violence sexiste. Pourtant la castration psychique qui consiste à sortir de la toute-puissance est inévitable et il est indispensable de l’assumer pour devenir adulte. Le garçon y est amené très jeune (avant d’en avoir la conscience) du fait de la perception de la différence avec son modèle identificatoire, la maman. Mais étant incapable de l’assumer, il la refoule. Le fille n’a pas à renoncer à la toute-puissance de son modèle puisqu’elle pourra devenir comme la maman en grandissant. Cette "toute-puissance" marque son inconscient et elle fait à la fois la « force » de la femme qui peut se sentir « toute » et sa « faiblesse » quand elle se sent « rien ». Cette toute-puissance ne pourra être limitée que par un homme qui a assumé la castration ( pas le père  qui sera séduit par sa fille) et qui sera capable de le faire avec amour (non pour lui-même mais pour la femme). Mais cette limitation de la femme par l’homme (qu’elle a choisi) a été tellement mal faite (au cours des siècles passés) par des machos, qu’elle est aujourd’hui difficile à accepter.

  La femme fragile physiquement est forte psychiquement du fait qu’elle est fantasmée (perçue dans l’inconscient humain toute-puissante). Une femme peut ne pas savoir quelle femme elle est mais est sûre d’être une femme. L’homme qui a dû renoncer à être comme sa première référence n’est jamais sûr d’en être un (c’est la raison pour laquelle lui dire « tu n’es pas un homme » est pour lui une grave insulte).  Il est fort physiquement mais vit avec une blessure qu’il ne peut supporter (tant qu’il ne devient pas véritablement adulte) qu’en la déniant (en refoulant). Rabaisser la femme (dire que « les femmes sont nulles ») est pour lui le moyen de se prouver qu’il n’a pas pu vouloir être comme elles et qu’il n’a pas de raison de souffrir de ne pas l’être. Il se retrouve néanmoins confronté à sa non toute-puissance chaque fois qu’une femme lui tient tête. Si la femme n’y met pas les formes, cette réactivation peut-être d’une extrême violence psychique. Très souvent l’homme ne montre pas son désarroi puisqu’il ne le comprend pas (ayant refoulé la souffrance de la castration primaire). Cependant les femmes qui ne veulent pas tenir compte de cette faiblesse ou la considèrent comme une tare réagissent comme les violeurs qui ne comprennent pas la gravité de leur acte parce qu’étant hommes, ils n’éprouvent pas la souffrance que peut éprouver la femme violentée (et ne pourront jamais l’éprouver) et qu’ils sont incapables ou ne veulent pas la concevoir. De même les femmes ne pourront jamais éprouver les effets de cette violence psychique sur un homme, elles ne peuvent que les concevoir. C’est cependant beaucoup plus difficile parce que la violence psychique ne laisse pas de trace visible.

 

16:50 Écrit par jeangabard | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook

Commentaires

J'ai été heureuse de trouver des hommes nettement plus réalistes et conscients que vous sur ce forum.

Écrit par : soi | 30/07/2006

Qui sont ces hommes ? Et en quoi sont-ils plus réalistes et conscients que moi ?

Écrit par : Jean GABARD | 04/08/2006

Le travail qui amène à de réelles capacités de créativité, à l'être d'être pleinement, est celui de l'autonomie dans la valorisation de soi.

Écrit par : soi | 14/08/2006

Réponse au commentaire de soi
N'est-ce pas un peu prétentieux de vouloir s'auto - nommer ?
La "valorisation de soi" n'est-elle pas avant tout la valorisation du "moi", de l'égo ?
La castration psychique doit être assumée pour vraiment devenir Homme. Le "moi" effectivement n'en veut pas et c'est ce qui explique notre rejet de la castration jusque dans le terme lui-même qui devient insupportable. Mais on ne doit pas oublier la 3ème instance qui est en nous : le "surmoi" . Cette 3ème instance assimilée à la raison, au religieux, au spirituel... attire la méfiance tellement elle a été utilisé par des personnes, seulement préoccupées de gonfler leur égo, pour dominer les autres et particulièrement les femmes. Il est possible de comprendre l'horreur que leur inspire ce mot.
Mais est-ce une raison pour, en réaction, ne prendre soin que de son MOI et oublier cette "troisième dimension" ?

Écrit par : Jean GABARD | 14/08/2006

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